Le marché boursier sous tension : la prudence s’impose face aux signaux mixtes
Paris, France – Les marchés financiers montrent des signes de fébrilité cette semaine. Alors que certains indices tentent de maintenir une tendance haussière, la majorité d’entre eux glissent vers des phases d’avertissement ou de distribution, signalant un regain de prudence pour les investisseurs.
La semaine a été marquée par une baisse généralisée des indices clés, oscillant entre -1,5 % et -3,5 %. Le Dow Jones, autrefois en territoire positif pour l’année, affiche désormais un recul de -1,25 %. Sa tendance haussière semble s’essouffler, se trouvant en phase de distribution et clôturant sous sa moyenne mobile à 200 jours. Les indices S&P 500 et Nasdaq résistent encore, mais leur élan faiblit sur les graphiques quotidiens.
À l’exception du Nasdaq, dont les jours d’accumulation et de distribution sont équilibrés, la plupart des marchés affichent une prédominance de la distribution sur l’accumulation. Ce constat est renforcé par l’évolution de dix des quatorze secteurs suivis. Le commerce de détail et les transports, en particulier, montrent des signes de ralentissement économique, bien qu’ils aient enregistré des gains cette semaine, un mouvement classique de « fuite vers la qualité » observé en période d’incertitude.
D’autres indicateurs techniques accentuent cette tendance baissière. L’oscillateur de McClellan est passé en territoire négatif, reflétant la pression vendeuse. Le rapport « Nouveau nouveau haut-bas » (New High-New Low) a révélé une faiblesse du marché jeudi et vendredi. L’indicateur de risque a viré au rouge, signalant un risque généralisé, tandis que la volatilité a connu une forte hausse, entraînant un retour en phase haussière pour l’indice du Trésor américain.
Inversion de tendance et secteurs sous pression
Une inversion de tendance notable s’opère également entre les valeurs dites « de valeur » et les valeurs de « croissance ». Les valeurs de croissance, qui ont largement dominé ces dernières années, entrent désormais en phase d’avertissement, tandis que les valeurs de valeur commencent à surpasser la croissance. Au sein de la famille des « Magnificent Seven », les semi-conducteurs maintiennent leur phase haussière, mais cette bulle semble se dégonfler, les semi-conducteurs entrant également en phase de distribution. À l’inverse, les banques régionales, le commerce de détail et les transports sont sévèrement touchés, terminant la semaine en phases affaiblies.
Par ailleurs, les taux d’intérêt ont fluctué cette semaine sur l’ensemble de la courbe, un comportement typique dans un environnement de risque. L’analyse comparative des obligations à long terme (représentées par le TLT) face aux obligations « indésirables » (high yield) révèle que le TLT surperforme. Cette situation, alors que les rendements baissent, suggère davantage un refuge vers la sécurité qu’un véritable appétit pour le risque. Le TLT fait face à une résistance importante à sa moyenne mobile à 200 jours, avec un niveau de prix de 90 dollars servant désormais de support.
L’arbitrage du risque : obligations « indésirables » vs. appels au calme
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est le comportement comparé des obligations à long terme et des obligations « indésirables » à haut rendement. Le graphique du TLT montre sa surperformance par rapport aux obligations à haut rendement, un signe de risque. Habituellement, les investisseurs se tournent vers les obligations « indésirables » lorsque le marché est solide. Cependant, l’évolution des obligations à haut rendement elles-mêmes suggère que les traders obligataires sont toujours friands de risque, comme en témoigne la hausse des obligations HYG (« High Yield »).
Cette divergence laisse penser que des opportunités pourraient se présenter sur le marché dans son ensemble, et que la correction actuelle pourrait n’être qu’une correction passagère. Elle suggère également que la faiblesse des actions du groupe MAG7 ne reflète pas la perception des traders obligataires, qui ne discernent aucun risque réel de défaut de crédit ou de récession. Cette théorie pourrait toutefois être remise en cause si les obligations HYG venaient à chuter de manière significative, comme ce fut le cas en 2020 lors de la crise du Covid-19. Pour l’heure, cette situation ne semble pas se matérialiser.
En somme, le paysage actuel des marchés offre des opportunités aux traders expérimentés, patients et dotés d’une solide expérience pour identifier les instruments les plus rentables avec le moins de risque. Il est donc essentiel de faire preuve d’une grande prudence quant aux instruments d’investissement et aux actions à privilégier lors des replis.
Synthèse des ETF (Niveaux clés : support en dessous, résistance au-dessus)
- S&P 500 (SPY) : Support à 590 $, résistance à 599 $.
- Russell 2000 (IWM) : A atteint un plus bas à 202,5 mardi, mais a clôturé au-dessus de 213,49 $.
- Dow Jones (DIA) : Support à 432 $, qui doit être maintenu.
- NASDAQ (QQQ) : Support à 510 $, résistance étroite à 520 $.
- Banques régionales (KRE) : Zone de support à 60 $.
- Semi-conducteurs (SMH) : Support à 237 $, mais doit maintenant franchir 241 $.
- Transport (IYT) : Support entre 69 $ et 70 $.
- Biotechnologie (IBB) : Résistance à 140 $.
- Commerce de détail (XRT) : Support majeur à 74 $, reste faible tant qu’il n’aura pas franchi 77 $.
- iShares 20+ Treasury Bond (TLT) : Support à 90 $.