Publié le 12 février 2026 à 12h38. Malgré une augmentation des menaces et des intimidations, la majorité des conseillers municipaux néerlandais restent attachés à leur mandat, convaincus de l’importance de leur rôle et de la possibilité de faire une réelle différence pour leurs concitoyens.
- De plus en plus de conseillers municipaux sont confrontés à des agressions, des menaces et des violences verbales.
- Noud Dumoulin, conseiller municipal à La Haye, a été sollicité de manière inattendue après le départ de son prédécesseur.
- Gon Boers, conseillère municipaux à Hilvarenbeek depuis seize ans, souligne l’évolution du paysage politique et l’importance de ne pas céder à l’intimidation.
Être conseiller municipal n’est pas sans risque, mais pour beaucoup, les aspects positifs l’emportent largement sur les aspects négatifs. Noud Dumoulin, 31 ans, conseiller pour le parti VVD à La Haye depuis mai 2024, témoigne d’une expérience pour le moins surprenante. Il a été contacté par le chef de groupe le jour de son anniversaire. « Nous n’avions pas de contact quotidien, j’ai donc pensé qu’il ne m’appelait probablement pas pour me souhaiter un joyeux anniversaire », raconte-t-il.
Dumoulin, qui figurait en 15e position sur la liste de candidats lors des élections municipales de 2022, a saisi l’opportunité laissée vacante par le départ de son prédécesseur. Il considère désormais cette situation comme une chance inespérée. « C’est un travail incroyablement honorable et unique », affirme-t-il.
Cette fonction exige cependant des sacrifices. Dumoulin a dû réduire son temps de travail et occupe désormais un poste à trois jours par semaine au ministère de l’Intérieur.
Gon Boers, 70 ans, conseillère municipale pour le parti local HOI Werkt à Hilvarenbeek depuis près de seize ans, partage ce sentiment. Elle considère son mandat comme le « meilleur travail qui soit » et s’apprête à passer le relais à une nouvelle génération en mars prochain. « Il est sain de laisser la place à une nouvelle génération », explique-t-elle.
Boers a observé une évolution du paysage politique au fil des années. « Les habitants sont devenus plus vocaux et plus affirmés. Je pense que les réseaux sociaux ont une influence majeure à ce sujet », constate-t-elle. Elle souligne la difficulté d’informer les citoyens, chacun étant souvent enfermé dans sa propre bulle.
L’augmentation des tensions est également visible dans les dossiers sensibles tels que la migration. Boers a elle-même été victime d’un acte de violence l’été dernier : un engin explosif a été lancé dans sa porte d’entrée.
« Un cobra doté de la puissance d’une grenade à main », dit-elle. « Nous n’étions pas chez nous. Mais quand je l’ai entendu, j’en ai immédiatement informé le bourgmestre et l’échevin. La police a parlé d’une agression. »
Gon Boers, conseillère municipale HOI Werkt à Hilvarenbeek
L’auteur de cet acte n’a jamais été identifié, ni le mobile. Boers n’exclut pas une motivation politique. « Quelques mois plus tôt, une voiture appartenant à un membre du parti avait également été incendiée. »
Malgré ces incidents, Boers refuse de se laisser intimider. « Il ne faut pas céder à l’intimidation, aussi difficile soit-il », insiste-t-elle. « Il faut montrer que ce genre d’actions n’a aucun sens, car vous continuerez de toute façon. »
Dumoulin partage ce sentiment. Il constate également un durcissement du climat politique et des agressions et menaces à l’égard de ses collègues. « Les tensions montent parfois au sein de la commune et les habitants laissent parfois des commentaires désagréables sous les messages sur les réseaux sociaux », observe-t-il.
Il considère ces comportements comme inacceptables, mais cela ne l’empêche pas de rester engagé. « Cela ne m’empêche pas de me présenter à nouveau aux élections. Vous pouvez faire une différence pour les gens, c’est honorable et unique, cela me pèse tellement que je veux continuer », conclut-il.