Publié le 7 octobre 2025 18:00:00. Des chercheurs de l’Université d’Hawaï à Mānoa ont mis en évidence un danger insidieux pour les récifs coralliens : les produits chimiques issus des plastiques. Ces substances perturbent à la fois la reproduction des coraux adultes et l’installation de leurs larves, deux processus cruciaux pour la survie de ces écosystèmes marins fragilisés.
- Les lixiviats plastiques diminuent significativement le taux de fécondation des coraux.
- Ces mêmes produits chimiques nuisent à la capacité des larves de corail à s’établir sur les récifs.
- Cette pollution plastique pourrait expliquer le manque de rétablissement de certains récifs après des épisodes de blanchissement de masse.
Dans une étude novatrice, l’équipe de Keiko Wilkins, diplômée du programme de biologie marine de l’Université d’Hawaï à Mānoa, révèle les effets délétères des polluants chimiques contenus dans les plastiques sur les récifs coralliens. Jusqu’à présent, les microplastiques étaient souvent perçus comme un danger direct par ingestion par les coraux. Cependant, cette recherche souligne que les substances qui s’en échappent, appelées lixiviats, ont des conséquences insoupçonnées et complexes pour la santé des récifs.
Les travaux de recherche, menés au Kewalo Marine Laboratory, se sont déroulés en deux phases. La première, publiée dans la revue *Biologie intégrative et comparative* (*Integrative and Comparative Biology*), a démontré que les produits chimiques libérés par les plastiques réduisaient considérablement le succès de la fécondation des coraux. La seconde étude, parue dans *Frontières en science marine* (*Frontiers in Marine Science*), a ensuite prouvé que ces mêmes composés chimiques entravaient la capacité des larves à trouver un substrat stable et à s’y fixer. Or, cette étape est fondamentale pour le renouvellement des populations coralliennes et la reconstitution des récifs.
« Lorsque les gens pensent aux menaces contre les récifs coralliens, les microplastiques sont souvent inaperçus. […] Non seulement les coraux mangent des microplastiques, les produits chimiques associés aux microplastiques peuvent avoir des impacts cachés. Ma recherche met en évidence ce problème, nous exhortant à voir la pollution plastique comme un facteur de stress complexe pour nos récifs. »
Keiko Wilkins, chercheuse derrière l’étude