Home International Les moments les plus durs de la guerre ? Sous le feu des tirs pour les blessés, dit Cech sur le Donbass

Les moments les plus durs de la guerre ? Sous le feu des tirs pour les blessés, dit Cech sur le Donbass

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Publié le 06 novembre 2025, 10:15. Un volontaire tchèque, engagé dans l’armée ukrainienne depuis plus de trois ans, partage son expérience du front, des combats acharnés aux nouvelles menaces technologiques. Son témoignage, recueilli près de Sloviansk, offre un aperçu poignant de la réalité de la guerre et de ses conséquences humaines.

  • Un volontaire tchèque combat en Ukraine depuis 2021, participant à des batailles clés comme Soumy, Avdiïvka et Vuhledar.
  • Il témoigne des profondes mutations du champ de bataille, notamment l’omniprésence des drones, qui ont étendu la zone de combat entre les armées.
  • Le soldat évoque la douleur de perdre des camarades, l’importance du lien avec les familles des victimes et les défis psychologiques de la guerre moderne.

Sur la ligne de front de Sloviansk, dans la région de Donetsk toujours sous contrôle ukrainien, un volontaire tchèque témoigne pour Seznam Zprávy. Engagé depuis plus de trois ans dans les forces armées ukrainiennes, il a vu défiler les combats dans des lieux emblématiques du conflit, de Soumy au nord à Vuhledar, théâtre d’affrontements particulièrement intenses.

« Nous ne sommes plus dans les tranchées proches de l’ennemi. Les drones ont considérablement élargi le territoire entre les deux camps », explique-t-il, soulignant une transformation majeure du conflit. L’interview s’est déroulée entre un véhicule blindé et un abri militaire, alors que les environs de Sloviansk sont la cible de drones et de bombes planantes russes.

Par mesure de protection pour sa famille, le combattant a souhaité conserver l’anonymat. Son indicatif d’appel, son nom et son visage n’ont pas été révélés. Interrogé sur les raisons de son engagement, il cite une connaissance de la Russie et une volonté d’empêcher que son propre pays ne subisse un sort similaire. Une certaine lassitude post-Covid l’a également poussé à chercher un changement radical.

« Avant l’invasion russe de l’Ukraine, je faisais du sport et j’allais souvent à des entraînements de tir et à des entraînements tactiques. Au début, je suis venu en Ukraine en pensant faire de l’aide humanitaire, mais j’ai fini par rejoindre l’armée. »

Le volontaire évoque l’épreuve psychologique du combat, radicalement différente de l’adrénaline sportive. La confrontation avec la mort, la gestion du stress sont des aspects qu’il a dû apprendre à maîtriser.

La perte de camarades est une réalité déchirante du conflit. « Je pense souvent à eux. À tout le monde », confie-t-il, se remémorant un ami très proche décédé l’année dernière lors d’une relève sur la ligne de front. Il raconte avoir risqué sa vie pour récupérer sa dépouille, et maintient le lien avec la famille endeuillée, une démarche qu’il juge essentielle pour aider chacun à surmonter la tragédie.

« Je ne peux pas regarder de films de guerre, ils me rappellent nos morts et ce n’est tout simplement pas possible. Peut-être quand la guerre sera finie. Beaucoup de mes camarades ressentent la même chose. »

Au cours de son engagement, le volontaire tchèque a été déployé dans plusieurs zones stratégiques. Il a combattu dans le nord, près de Soumy, où il utilisait des missiles Stinger contre les avions russes. Il a ensuite passé deux ans à Vuhledar, avant d’être transféré dans la forêt de Serebryan, un théâtre d’opérations où les équipements lourds peinaient à accéder et où les combats se déroulaient au corps à corps.

« Ma spécialité, c’est le combat de nuit, mais j’aide aussi parfois à former de nouveaux soldats », précise-t-il, décrivant des moments de danger extrême, comme lors d’une attaque de char à Vuhledar ou d’une erreur d’orientation qui l’a mené près des positions russes, échappant de justesse à un drone.

Malgré une blessure aux tendons d’Achille, contractée en ramenant deux camarades blessés sous le feu, il souligne l’importance de la solidarité, évoquant le dévouement des médecins, y compris un confrère tchèque, dans les hôpitaux de campagne.

Interrogé sur les prisonniers russes, il décrit une diversité de profils : certains se déclarent volontaires, d’autres ont été contraints à signer un contrat, comme ce berger sibérien originaire de Yakoutie. Il relate également des épisodes surprenants, tels qu’un soldat russe ayant révélé la position de son unité, menant à sa destruction par l’artillerie, ou encore un autre ayant traversé un champ de mines pour se rendre volontairement.

La guerre a radicalement changé avec l’omniprésence des drones. Ces appareils ont étendu la zone de contact entre les belligérants, la portant à dix, voire vingt kilomètres. « C’est un danger qui ne se voit pas et qui apparaît soudainement », explique le soldat, mentionnant les drones à fibre optique comme particulièrement redoutables, contre lesquels les défenses sont souvent inopérantes.

Face à cette menace, les troupes ukrainiennes ont adapté leurs tactiques, trouvant par exemple dans les fusils de chasse une efficacité surprenante contre certains drones. L’initiative tchèque en matière de munitions est perçue comme un soutien crucial :

« L’Initiative sur les munitions a débuté à une époque où nous étions vraiment mauvais avec les obus d’artillerie en particulier. À tel point que nous avions un quota pour n’en utiliser qu’un par jour. C’était l’un des soutiens les plus importants depuis le début de la guerre. Cela faisait une énorme différence de ne plus avoir à économiser autant de grenades. »

Il mentionne également la fiabilité des fusils tchèques Bren et la qualité des munitions de Sellier et Bellot, appréciées par les forces ukrainiennes.

Concernant l’économie russe, le volontaire estime que les sanctions, notamment celles visant Rosneft et Loukoïl, auront un impact significatif. Il souligne que le pétrole et le gaz constituent le principal pilier de l’économie russe, et que les répercussions de ces mesures se feront sentir à Moscou et Saint-Pétersbourg.

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