Home Économie Les niveaux de salaire des accords collectifs s’appliquent également aux immigrants du travail

Les niveaux de salaire des accords collectifs s’appliquent également aux immigrants du travail

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Publié le 7 octobre 2025. Le gouvernement suédois renforce les conditions d’emploi pour les travailleurs étrangers, modifiant les exigences salariales et le processus de sélection des professions éligibles. Cette nouvelle politique vise à mieux encadrer le recrutement international et à lutter contre les fraudes, une décision qui suscite des inquiétudes dans le monde des affaires.

Les entreprises suédoises devront désormais s’acquitter d’un salaire minimum de 90 % du salaire médian, soit 33 390 couronnes suédoises (SEK), contre 80 % (29 690 SEK) précédemment. Le gouvernement se réserve également le droit de décider quelles professions seront exemptées de cette nouvelle règle salariale, en s’appuyant sur des listes proposées par les services de l’emploi et de l’immigration. L’objectif affiché est de limiter drastiquement le nombre de professions concernées par des dérogations.

Ce changement marque une rupture avec le système en vigueur depuis 17 ans, qui laissait une grande liberté aux entreprises pour recruter des employés étrangers, en se basant sur des accords collectifs. Le monde des affaires suédois a longtemps défendu ce modèle, permettant à diverses structures d’attirer des talents internationaux aux parcours variés. L’entreprise suédoise a d’ailleurs activement œuvré ces dernières années pour éclairer les enjeux de l’immigration de travail et tenter d’atténuer l’impact de mesures comme le salaire médian combiné à un test du marché du travail.

« Il est difficile de voir comment l’augmentation améliorera les opportunités de la Suède d’attirer les compétences recherchées. »

Amelie Berg, experte du marché du travail

Si l’abandon d’une exigence salariale à 100 % du salaire médian peut être perçu comme un succès relatif pour le secteur privé, Amelie Berg, experte du marché du travail, exprime des doutes quant aux bénéfices réels pour la Suède.

Selon elle, toute intervention sur les niveaux de salaire imposés, quel que soit le seuil choisi par le gouvernement, représente une ingérence dans le modèle de formation des salaires suédois. Elle rappelle que les niveaux établis par les accords collectifs devraient s’appliquer à tous sur le marché du travail suédois. Des études tendent par ailleurs à montrer que les immigrés de travail perçoivent déjà des salaires souvent en adéquation, voire supérieurs, à ceux des travailleurs suédois pour des postes similaires.

« La grande question est : en quoi est-ce bénéfique pour la Suède ? »

Amelie Berg, experte du marché du travail

Cette nouvelle obligation salariale, imposant une augmentation de près de 4 000 SEK mensuels, est perçue par les entreprises comme une mesure discrétionnaire basée sur la nationalité plutôt que sur les compétences et la performance de l’employé. Si les entreprises ne peuvent absorber cette hausse des coûts de main-d’œuvre, le risque est de voir des compétences essentielles se perdre. Parallèlement, la tendance à la baisse du nombre de permis de travail délivrés compromet la capacité des entreprises suédoises à recruter les talents dont elles ont besoin.

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