Home Accueil Les nouveaux paroissiens remplissent les bancs de Dublin – The Irish Times

Les nouveaux paroissiens remplissent les bancs de Dublin – The Irish Times

0 comments 51 views

Publié le 2025-11-05 07:02:00. Alors que la pratique religieuse catholique diminue en Irlande, les paroisses voient leur congrégation se diversifier, attirant fidèles et clergé venus des quatre coins du monde. Ces nouveaux arrivants apportent avec eux des traditions liturgiques variées, parfois étonnamment différentes de celles auxquelles les Irlandais sont habitués.

  • Des fidèles originaires de République Démocratique du Congo, du Nigeria, des Philippines ou encore d’Espagne constatent des messes plus courtes et « détendues » en Irlande.
  • La baisse de la pratique chez les catholiques irlandais s’accompagne d’une arrivée croissante de prêtres africains et asiatiques pour animer les liturgies.
  • Des communautés missionnaires, comme le groupe Shalom, s’investissent dans l’évangélisation en Irlande.

À Dublin, après la messe du dimanche soir à la Pro Cathedral, Alice Quinza, étudiante congolaise, confie ne pas retrouver « la même énergie » qu’au Congo, où les célébrations sont « plus exubérantes ». Elle décrit la pratique en Irlande comme « très différente de la façon dont nous adorons au Congo ». D’autres fidèles, venus du Nigeria, d’Espagne et des Philippines, partagent cette impression, relevant des messes plus courtes, moins formelles et souvent jugées « trop détendues ».

Cette diversité au sein des paroisses irlandaises reflète le déclin du nombre de pratiquants catholiques autochtones. Cette évolution s’observe également chez le clergé, avec une présence accrue de prêtres africains et asiatiques dans les églises du pays au cours des dernières années.

Walter et Indira Kuizon, originaires des Philippines et installés en Irlande depuis cinq ans, expliquent que l’une des principales différences réside dans l’absence de « commentateur » guidant les fidèles sur les moments d’agenouillement ou de relèvement. « Aux Philippines, il y a un commentateur qui dit aux gens quand s’agenouiller, quand se lever, quand s’asseoir », témoignent-ils, citant l’exemple : « S’il vous plaît, agenouillez-vous tous, s’il vous plaît, levez-vous tous. » Leur fille, Eburnia, née en Irlande, est surnommée « L’ivoire en latin » par son père, « quatre en décembre ».

Victor Diaz, résident en Irlande depuis deux décennies et entrepreneur dans le web, exprime son incompréhension face à certaines célébrations et au comportement des fidèles. « Je vois de nombreuses erreurs en célébrant la messe, y compris lorsque les gens assistent à la messe. Pourquoi ne suivent-ils pas les règles ; pourquoi ne suivent-ils pas la liturgie ? » s’interroge-t-il. Cet « esprit de tolérance » qu’il observe en Irlande, et qu’il ne retrouve que marginalement en Allemagne, le préoccupe. Il déplore un climat « trop détendu » qui donne l’impression que « tout est possible en Irlande ».

Cependant, Ester Alvarez, espagnole vivant en Irlande depuis plus d’un an, ne trouve pas la messe « très différente » de ce qu’elle connaît en Espagne. « Parfois, vous vous levez quand nous ne le faisons pas, mais le reste est certainement le même », nuance-t-elle. Elle note néanmoins une différence de fréquentation : « À Madrid, il y aurait beaucoup plus de personnes. Je vois ici que la foi diminue, du moins c’est ce que je ressens. » Si les congrégations madrilènes sont moins diversifiées, la participation aux messes y est « très forte », contrairement à Bilbao, ville d’origine de son mari, où « c’est un peu moins bon ».

Parallèlement à cette diversification des fidèles, de nouveaux missionnaires renforcent la présence catholique. Le groupe communautaire catholique sud-américain Shalom, composé d’une dizaine de jeunes missionnaires laïcs à Dublin, anime notamment la messe du dimanche soir à la Pro Cathedral. Présents en Irlande depuis sept ans, leur charte a été officiellement reconnue par le Vatican en 2007 et approuvée définitivement en 2012.

Lorena Ruegg, pharmacienne de formation originaire de Fortaleza au Brésil, travaille comme technicienne dans une pharmacie municipale à Dublin depuis 18 mois. Pour elle, le style de culte en Irlande ne diffère pas significativement de ce qu’elle a expérimenté ailleurs. « Partout où je vais, je vis la même expérience. C’est ce qui est beau dans l’Église catholique », affirme-t-elle. Elle cite son récent séjour en Pologne, où, malgré la barrière de la langue, elle a ressenti la même universalité de l’Église catholique.

Le père Tijo John, originaire du Kerala en Inde et membre de l’Ordre des Missionnaires du Sacré-Cœur, est arrivé en Irlande en janvier dernier avec d’autres confrères indiens. Après une formation d’inculturation de deux semaines à laquelle ont participé 18 prêtres de diverses nationalités et ordres, ils ont été répartis dans différentes paroisses. Le père John a servi à Tallaght avant de rejoindre Ballinteer il y a trois mois. Ce projet, prévu pour durer plusieurs années, vise à acquérir une expérience diverse et à rester en Irlande, avec des retours annuels au pays pour les vacances.

Au contact des fidèles irlandais, le père John observe des réactions variées, notamment chez les jeunes et les personnes âgées. « Nous constatons que la foi est toujours vivante. C’est tellement évident. Ils viennent à l’église avec ouverture », assure-t-il. Son défi, et celui de ses confrères, est de savoir « comment attirer » ceux qui ne fréquentent plus les églises. Il se montre optimiste, comparant la situation à d’autres pays d’Europe et aux États-Unis où il constate un « retour des jeunes », et espère un phénomène similaire en Irlande, y voyant une dynamique cyclique.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.