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Les obligations commencent à être plus attrayantes que les actions

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Alors que les taux d’intérêt réels se maintiennent fermement en territoire positif, les obligations redeviennent un choix judicieux pour diversifier les revenus et les portefeuilles. Les investisseurs peuvent désormais profiter de la prise de risque liée aux taux d’intérêt sur des obligations à échéance courte et moyenne, plutôt que de se cantonner à la liquidité de leurs espèces.

Le marché obligataire a récemment regagné en attractivité, notamment par rapport aux actions, et ce, même après ajustement du risque. Cette tendance s’explique par la hausse continue des valorisations boursières.

Un contexte économique porteur pour les obligations

Le resserrement monétaire agressif opéré par la Réserve fédérale (Fed) depuis septembre, conjugué à une probabilité de récession désormais réduite, a exercé une pression haussière sur les rendements des obligations à long terme. Une économie plus résiliente que prévu a entraîné une augmentation des rendements sur les obligations les plus longues. Parallèlement, lorsque les craintes de récession s’estompent, les investisseurs sont moins enclins à acquérir des bons du Trésor comme valeur refuge, préférant ainsi se tourner vers les actions.

Ce contexte a conduit à un récent recalibrage des allocations d’actifs, rendant les obligations progressivement plus compétitives face aux actions au cours des derniers mois. Il est toutefois possible que l’environnement actuel continue de soutenir les marchés boursiers à court terme, tandis que le marché obligataire pourrait connaître une volatilité accrue. Les investisseurs s’adapteraient en effet à un recalibrage potentiel vers des taux encore plus élevés. Cette situation crée une opportunité d’entrée intéressante pour les investisseurs qui envisageaient d’augmenter leur exposition aux obligations ou d’accroître leur allocation à cette classe d’actifs.

Naviguer entre croissance économique et politique monétaire

Les récentes déclarations du président de la Fed, Jerome Powell, ont souligné la tension entre une économie robuste et la politique de resserrement de la banque centrale. Ces propos amènent les investisseurs à s’interroger sur la trajectoire future des taux et de la croissance économique. La hausse des taux à long terme est une conséquence directe de la politique monétaire, mais elle reflète également des dynamiques budgétaires plus larges. L’augmentation des émissions de bons du Trésor pour financer les déficits budgétaires et les pressions inflationnistes persistantes introduisent des primes de risque supplémentaires sur le marché obligataire.

De nombreux observateurs estiment que les perspectives d’une économie forte impliquent que les rendements ne devraient pas baisser de manière significative. Il est pourtant largement admis parmi les investisseurs et analystes que des baisses de taux sont probables d’ici la fin de l’année et en 2025. Les taux, particulièrement les taux à long terme, pourraient ne pas diminuer sensiblement sans une modification des prévisions de croissance économique soutenue. L’impact des baisses de taux a déjà été largement intégré par le marché, il ne serait donc pas surprenant d’observer une certaine stabilité des rendements dans une fourchette définie. Il semble que le rendement des obligations à 10 ans pourrait se situer entre 3,75 % et 4,25 %, voire atteindre 4,50 % dans le haut de cette fourchette.

Stratégies d’investissement obligataire dans le contexte actuel

Bien que des rendements plus élevés soient désormais disponibles sur l’ensemble de la courbe des taux, les investisseurs devraient faire preuve de prudence quant à une exposition excessive aux obligations à long terme, surtout compte tenu des prévisions de croissance économique solide pour les mois à venir. Une exposition sur le milieu de la courbe pourrait s’avérer plus prudente, étant donné que les anticipations économiques à long terme ont tendance à influencer davantage les taux à plus courte échéance. Pour éviter cette volatilité tout en conservant des rendements élevés, il serait conseillé de se tourner vers des obligations avec des échéances de deux, trois, cinq et sept ans.

Les actifs de risque au sein du marché obligataire sont aujourd’hui attractifs. Cela se traduit par une préférence pour le crédit d’entreprise plutôt que pour les obligations d’État. Une baisse des taux d’intérêt implique généralement une diminution des coûts d’emprunt pour les entreprises, ce qui se traduit par une amélioration de leur rentabilité, de leurs conditions de crédit et une réduction des risques de refinancement. Cette situation contraste avec la débâcle obligataire de 2022, où l’inflation persistante avait rendu les investisseurs pessimistes quant aux obligations, anticipant des taux élevés sur une longue période. Dans un tel environnement, les bons du Trésor étaient considérés comme plus sûrs que des classes d’actifs plus risquées comme le crédit d’entreprise.

Pour les contribuables à hauts revenus, les rendements des obligations municipales, fiscalement avantageuses, apparaissent très attractifs. Sur le marché imposable, il est recommandé de privilégier le crédit de qualité investissement plutôt que le crédit à haut rendement, et d’envisager les obligations d’entreprises et les produits structurés plutôt que les obligations d’État. Dans un contexte de croissance économique continue et de politique accommodante de la Fed, il reste pertinent de rester exposé aux secteurs porteurs. L’investissement dans du crédit de meilleure qualité peut s’avérer particulièrement important, car avec des valorisations compressées, l’écart de rendement supplémentaire obtenu par rapport au crédit à haut rendement par rapport à la notation d’investissement est faible. Une récession pourrait entraîner une sous-performance significative des catégories obligataires les plus risquées, y compris les obligations à haut rendement, par rapport à leurs homologues de meilleure qualité.

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