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Les orbiteurs martiens de l’ESA ont capturé des images uniques de la comète 3I/ATLAS

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Publié le 2025-10-31 09:51:00. Les orbiteurs martiens de l’Agence spatiale européenne (ESA) ont réussi à capturer des images inédites de la comète interstellaire 3I/ATLAS lors de son passage le plus proche de Mars. Ces observations, bien que délicates, offrent un éclairage précieux sur un visiteur venu d’au-delà de notre système solaire.

  • Les sondes ExoMars Trace Gas Orbiter (TGO) et Mars Express ont photographié 3I/ATLAS le 3 octobre, alors qu’elle se trouvait à 30 millions de kilomètres de la planète rouge.
  • Malgré des conditions difficiles, l’ExoMars TGO a pu distinguer la comète comme un point blanc diffus, révélant sa coma mais pas sa queue, trop faible pour être détectée.
  • 3I/ATLAS est la troisième comète interstellaire jamais observée, et son étude pourrait fournir des indices sur la formation planétaire ailleurs dans l’univers.

Une observation rendue possible grâce à la proximité relative de la comète avec la planète rouge, le 3 octobre dernier. 3I/ATLAS, identifiée comme une visiteuse intersidérale, est passée à seulement 30 millions de kilomètres des satellites martiens de l’ESA, une distance qui a permis des observations plus rapprochées que jamais pour ce type d’objet. C’est la sonde ExoMars Trace Gas Orbiter (TGO) qui a réussi à capturer une série d’images grâce à son système d’imagerie couleur et stéréo de surface (CaSSIS). Les clichés révèlent la comète sous la forme d’un point blanc légèrement flou, se déplaçant à proximité du centre de l’image. Ce point lumineux représente le cœur de la comète, constitué de son noyau rocheux gelé et de la coma environnante. La résolution des caméras, conçues initialement pour observer la surface martienne de près, n’a pas permis de distinguer clairement le noyau de sa coma, une limitation due à l’énorme distance, comparable à une tentative de voir un téléphone portable depuis la Lune.

La coma, ce halo gazeux qui peut s’étendre sur plusieurs milliers de kilomètres, est visible sur les images de la TGO. Elle se forme lorsque la comète s’approche du Soleil, dont la chaleur vaporise les matériaux glacés, libérant ainsi gaz et poussières. Cependant, la queue, normalement composée de ces particules entraînées sur des millions de kilomètres, n’a pu être détectée. Elle est généralement beaucoup plus faible que la coma et requiert des conditions d’observation optimales pour être visible.

Nick Thomas, chercheur principal de la caméra CaSSIS, a souligné la difficulté de cette mission : « Cela a été une observation extrêmement difficile pour notre instrument. La comète est 10 000 à 100 000 fois plus faible que nos cibles habituelles. »

La comète 3I/ATLAS n’a pas encore été identifiée dans les images de Mars Express, qui a utilisé un temps d’exposition très court de 0,5 seconde, bien en deçà de la limite supérieure pour cet instrument, contrairement aux cinq secondes employées par l’ExoMars TGO. Les équipes scientifiques poursuivent l’analyse des données des deux orbiteurs, notamment en combinant plusieurs images de Mars Express pour tenter de détecter la faible luminosité de la comète. Des tentatives sont également en cours pour analyser son spectre lumineux à l’aide des spectromètres OMEGA et SPICAM sur Mars Express, et NOMAD sur l’ExoMars TGO, bien que la faible luminosité de la coma et de la queue puisse rendre une caractérisation spectrale précise incertaine. Ces analyses devraient se poursuivre dans les semaines et mois à venir pour mieux comprendre la composition et le comportement de 3I/ATLAS.

La comète 3I/ATLAS, venue de l’espace interstellaire, n’est que le troisième objet de ce type observé à ce jour, après 1I/ʻOumuamua en 2017 et 2I/Borisov en 2019. Ces visiteurs célestes, complètement étrangers à notre système solaire, sont porteurs d’informations cruciales sur les processus de formation planétaire dans d’autres régions de l’univers. 3I/ATLAS a été initialement détectée le 1er juillet 2025 par le télescope ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System) situé au Chili. Sa trajectoire suggère qu’elle pourrait être l’une des plus anciennes comètes jamais observées, potentiellement âgée de près de trois milliards d’années de plus que notre système solaire, dont l’âge est estimé à 4,6 milliards d’années.

Pour la suite des observations, l’ESA prévoit d’utiliser son explorateur Juice (Jupiter Icy Moons Explorer) le mois prochain. Bien que plus éloigné de 3I/ATLAS que les orbiteurs martiens, Juice pourra observer la comète juste après son passage au plus près du Soleil, une période où elle sera probablement plus active. Les données issues de ces observations ne sont attendues qu’en février 2026. Ces voyageurs spatiaux glacés, tels que 3I/ATLAS, nous offrent une connexion tangible avec la galaxie. C’est dans cette optique que l’ESA prépare activement la mission Comet Interceptor, dont le lancement est prévu en 2029. Ce vaisseau spatial attendra en orbite une cible adéquate, qu’il s’agisse d’une comète vierge issue du lointain nuage d’Oort, ou, cas plus rare mais scientifiquement passionnant, d’un objet interstellaire similaire à 3I/ATLAS.

Michael Kueppers, scientifique du projet Comet Interceptor, a commenté : « Lorsque Comet Interceptor a été sélectionné en 2019, nous n’avions connaissance que d’un seul objet interstellaire : 1I/ʻOumuamua, découvert en 2017. Depuis, deux objets supplémentaires ont été identifiés, montrant une diversité notable dans leurs caractéristiques. Une mission de rencontre rapprochée pourrait fournir des avancées fondamentales dans la compréhension de sa nature. »

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