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Les orbiteurs martiens de l’ESA ont capturé des images uniques de la comète 3I/ATLAS

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Publié le 29 août 2023. Les deux orbiteurs martiens de l’Agence spatiale européenne (ESA) ont réussi à capturer des images inédites de la comète interstellaire 3I/ATLAS lors de son passage au plus près de la planète rouge. Ces observations, bien que réalisées avec des instruments conçus pour la surface martienne, offrent une perspective unique sur ce visiteur cosmique.

  • Les orbiteurs ExoMars TGO et Mars Express de l’ESA ont photographié la comète 3I/ATLAS à 30 millions de kilomètres de Mars.
  • Les images révèlent un point lumineux correspondant au noyau et à la coma de la comète, bien que les détails fins restent difficiles à distinguer à cette distance.
  • La comète 3I/ATLAS est le troisième objet interstellaire connu, offrant des indices précieux sur la formation planétaire au-delà de notre système solaire.

Les deux sondes de l’ESA, ExoMars Trace Gas Orbiter (TGO) et Mars Express, ont profité d’un rapprochement exceptionnel le 3 octobre pour observer la comète 3I/ATLAS. À seulement 30 millions de kilomètres de Mars, ce visiteur venu d’au-delà de notre système solaire a offert aux scientifiques une opportunité d’observation sans précédent. Les instruments, initialement calibrés pour la surface martienne à des distances bien moindres, ont dû relever le défi d’immortaliser une cible relativement faible.

L’ExoMars TGO, grâce à son système d’imagerie couleur et stéréo de surface (CaSSIS), a réussi à capturer une série d’images montrant 3I/ATLAS comme un point blanc diffus, évoluant près du centre de l’image. Ce point lumineux englobe le noyau gelé de la comète et sa coma, un halo gazeux. La résolution actuelle des caméras ne permet pas de distinguer clairement le noyau de cette « atmosphère » cométaire, une prouesse comparable à tenter d’apercevoir un téléphone portable sur la Lune depuis la Terre.

Comprendre la coma et l’absence de queue visible

Les clichés témoignent de la présence de la coma, une enveloppe gazeuse s’étendant sur plusieurs milliers de kilomètres. Ce phénomène apparaît lorsque 3I/ATLAS s’est approchée du Soleil, dont la chaleur a activé les matériaux cométaires, provoquant le dégagement de gaz et de poussières. La luminosité des particules diminuant rapidement avec l’éloignement du noyau, il a été impossible de mesurer précisément l’étendue totale de la coma sur ces images.

En temps normal, la matière expulsée de la coma forme une longue queue cométaire, pouvant s’étendre sur des millions de kilomètres. Pour l’heure, cette queue n’est pas discernible sur les observations réalisées, bien qu’elle puisse devenir visible lors d’observations ultérieures à mesure que la comète continuera de se réchauffer.

« Ce fut une observation extrêmement difficile pour notre instrument. La comète est 10 000 à 100 000 fois plus faible que nos cibles habituelles. »

Nick Thomas, chercheur principal de la caméra CaSSIS

3a/Atlas

L’analyse des données se poursuit

La comète 3I/ATLAS n’a pas encore été identifiée sur les images de Mars Express, une difficulté accentuée par le temps d’exposition limité de cette dernière (0,5 seconde), contrairement aux cinq secondes utilisées par ExoMars TGO. Les équipes scientifiques continuent d’analyser méticuleusement les données, combinant potentiellement plusieurs images de Mars Express dans l’espoir de détecter le faible signal de la comète.

Parallèlement, des tentatives sont en cours pour analyser le spectre lumineux de l’objet à l’aide des spectromètres OMEGA et SPICAM sur Mars Express, ainsi que le spectromètre NOMAD sur ExoMars TGO. L’efficacité de ces analyses dépendra de la luminosité suffisante de la coma et de la queue pour permettre une caractérisation spectrale précise.

Ces précieuses données feront l’objet d’études approfondies dans les semaines et mois à venir, dans le but de mieux cerner la composition de 3I/ATLAS et son comportement à l’approche du Soleil.

Un visiteur venu d’ailleurs

Originaire de l’espace interstellaire, 3I/ATLAS est seulement la troisième comète interstellaire jamais répertoriée, après 1I/ʻOumuamua en 2017 et 2I/Borisov en 2019. Ces objets célestes, totalement étrangers à notre système, recèlent des indices fondamentaux sur les processus de formation planétaire au-delà de notre environnement cosmique.

La comète 3I/ATLAS a été initialement détectée le 1er juillet 2025 par le télescope ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System) basé au Chili. Sa trajectoire suggère qu’elle pourrait être l’une des comètes les plus anciennes jamais observées, potentiellement plus âgée de trois milliards d’années que notre système solaire, dont l’âge est estimé à 4,6 milliards d’années.

Observations futures et missions dédiées

Pour le mois prochain, l’ESA prévoit d’observer la comète avec sa sonde Juice (Jupiter Icy Moons Explorer). Bien que Juice soit plus éloigné de 3I/ATLAS que ne l’étaient les orbiteurs martiens lors des récentes observations, il sera positionné pour étudier la comète peu après son passage au plus près du Soleil, une période où son activité sera à son apogée. Les premières données de Juice sont attendues en février 2026.

Ces « voyageurs glacés » comme 3I/ATLAS constituent un lien tangible avec notre galaxie. C’est dans cette optique que l’ESA prépare activement la mission Comet Interceptor, dont le lancement est prévu en 2029. Ce vaisseau spatial attendra en orbite une cible appropriée, qu’il s’agisse d’une comète vierge issue du lointain nuage d’Oort ou, cas de figure moins probable mais scientifiquement fascinant, d’un objet interstellaire similaire à 3I/ATLAS.

« Lorsque Comet Interceptor a été sélectionnée en 2019, nous n’avions connaissance que d’un seul objet interstellaire : 1I/ʻOumuamua, découvert en 2017. Depuis, deux objets supplémentaires ont été identifiés, montrant une diversité notable dans leurs caractéristiques. Une mission de rencontre rapprochée pourrait fournir des avancées fondamentales dans la compréhension de sa nature. »

Michael Kueppers, scientifique du projet Comet Interceptor

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