Publié le 22 février 2026 17:43:00. La première réunion du « Conseil de la Paix » mis en place par l’administration Trump a soulevé des questions quant à sa légitimité et à son efficacité, en raison de l’absence de représentants clés des factions palestiniennes, notamment le Hamas et l’Autorité palestinienne.
- La première réunion du Conseil de la Paix, présidé par Donald Trump, s’est tenue le vendredi 21 février 2026.
- L’absence de représentants palestiniens de premier plan, tels que le Hamas et l’Autorité palestinienne, suscite des doutes quant à la capacité du Conseil à résoudre les problèmes complexes de la région.
- Des analystes palestiniens estiment que l’exclusion des acteurs palestiniens légitimes pourrait aggraver les divisions internes et saper la confiance du public.
La réunion inaugurale du « Conseil de la Paix », initiative du président américain Donald Trump, a eu lieu le vendredi 21 février 2026, avec pour objectif affiché de trouver des solutions aux conflits à Gaza et en Cisjordanie. La présence d’Israël et du Dr. Ali Sha’ath, à la tête du nouveau Comité national palestinien pour Gaza, a immédiatement été éclipsée par les absences notables. Ni l’Autorité palestinienne, ni le Hamas, ni d’autres factions palestiniennes n’étaient représentés, suscitant des interrogations quant à la capacité réelle du Conseil à répondre aux défis majeurs de la région.
Selon des analystes palestiniens, le Conseil de la Paix s’apparente à l’élaboration d’un plan de traitement pour un patient sans lui permettre d’exprimer ses besoins. Ils s’interrogent également sur l’impact concret des décisions prises en l’absence d’une participation palestinienne significative.
« Exclure les acteurs palestiniens légitimes à ce stade n’est pas une question de procédure, c’est une erreur politique qui pourrait aggraver les divisions internes déjà existantes et éroder davantage la confiance du public dans toute décision future. »
Mustafa Ibrahim, analyste politique basé à Gaza
Mustafa Ibrahim souligne que la société palestinienne est déjà fragmentée par les rivalités entre factions politiques, la séparation géographique entre Gaza et la Cisjordanie, et une profonde frustration du public. Il ajoute que l’absence de représentation renforce le sentiment que le système politique palestinien est marginalisé et que la voix de la population n’est pas prise en compte.
Hussam Al-Dajani, un autre analyste basé à Gaza, met en évidence la dimension psychologique de cette exclusion. Il explique que les Palestiniens se sentent réduits au rôle d’observateurs et non de décideurs.
« Les Palestiniens ont le sentiment qu’ils ne sont que des observateurs et non des décideurs. La représentation directe d’Israël alors que l’Autorité palestinienne et les principales factions sont absentes témoigne d’un mépris pour la réalité palestinienne. Tout accord présenté de cette manière se heurtera au rejet du public parce que les gens ne se sentent pas représentés ou impliqués. »
Hussam Al-Dajani, analyste politique basé à Gaza
Il souligne également que les enjeux humanitaires sont négligés lorsque les politiques sont élaborées sans la contribution palestinienne, risquant de ne pas répondre aux besoins urgents de la population en matière d’électricité, de sécurité alimentaire et d’accès aux soins de santé.
Abdel Majid Sweilem, analyste basé en Cisjordanie, estime que l’absence de l’Autorité palestinienne, du Hamas et d’autres factions rend le Conseil illégitime. Il affirme que la seule présence d’Israël donne l’impression que les décisions sont imposées de l’extérieur, plutôt que d’être le fruit d’un dialogue équilibré.
Le Comité national palestinien pour Gaza, présent à la réunion, est un organe administratif temporaire doté de pouvoirs limités. Les analystes considèrent que le recours à ce système, combiné à la présence israélienne, contourne les factions et les institutions palestiniennes traditionnelles, affaiblissant ainsi la légitimité du processus et réduisant les chances de mise en œuvre efficace d’un plan de paix.
Les citoyens ordinaires partagent un sentiment de frustration similaire. Ayman Al-Zaarab, un habitant de Gaza, a suivi la couverture médiatique du Conseil, mais l’a jugée déconnectée des réalités sur le terrain.
« J’ai regardé la réunion à la télévision, mais c’était comme des mots écrits sur du papier. Je n’ai rien entendu abordant nos vrais problèmes comme la reconstruction de Gaza, l’électricité, les médicaments, l’approvisionnement en gaz, ou encore la peur quotidienne des bombardements. La séance ressemblait à un spectacle médiatique, loin d’apporter des solutions tangibles. »
Ayman Al-Zaarab, habitant de Gaza
Khaled Al-Salam, un autre habitant de Gaza, a quant à lui exprimé sa méfiance envers les initiatives américano-israéliennes, estimant qu’elles ne changent rien sur le terrain. Il se concentre sur la survie quotidienne de sa famille.
Pour les Palestiniens, la question centrale demeure : un organisme prétendant proposer des solutions peut-il réellement produire des résultats en excluant ceux-là mêmes que ces solutions sont censées servir ?