Alors que l’impasse budgétaire au Congrès américain entre dans sa troisième semaine, les marchés prédictifs indiquent une confiance croissante dans une fermeture prolongée du gouvernement fédéral. Des centaines de milliers d’employés fédéraux restent sans solde, dans l’attente d’un dénouement politique qui tarde à se concrétiser.
Sur les plateformes de prédiction en ligne Kalshi et Polymarket, les traders misent sur la persistance de cette paralysie. Chez Kalshi, environ 65 % des parieurs estiment que la fermeture durera jusqu’à la fin du mois d’octobre, avec une probabilité de 52 % qu’elle s’étende au-delà de 36 jours. Une part non négligeable de 44 % anticipe même une interruption de plus de 40 jours. Le volume total des transactions sur ce marché dépasse les 8,1 millions de dollars, témoignant de l’ampleur des spéculations.
Polymarket affiche des prévisions similaires, voire plus pessimistes. L’intégralité des traders sur cette plateforme s’attendent à ce que la fermeture se prolonge au moins jusqu’au 15 octobre, avec plus de 2,6 millions de dollars engagés. Pour les échéances allant jusqu’au 15 novembre, le scénario le plus fréquemment parié, représentant 26 % des mises, est une résolution le 16 novembre.
Ces analyses des marchés prédictifs, bien que reflétant les attentes des traders et non une prévision certaine, soulignent l’absence de signes tangibles d’un accord prochain entre les partis. La situation a débuté le 7 octobre à 00h01, heure de l’Est, entraînant la mise au chômage technique des employés fédéraux occupant des postes non essentiels.
L’élu républicain Andy Barr, interrogé dans l’émission « Mornings with Maria », a vivement critiqué les Démocrates, les accusant d’alimenter cette fermeture pour satisfaire l’aile gauche de leur parti. Il a par ailleurs salué les tarifs douaniers imposés par le président Donald Trump à la Chine, tout en alertant sur les conséquences négatives de ces politiques pour les travailleurs et l’économie américains.
Ces arrêts de service sont généralement temporaires. Une fois qu’un accord est trouvé au Congrès, les fonctionnaires sont réintégrés et reçoivent une compensation rétroactive. Cependant, la Maison Blanche a récemment annoncé avoir initié des réductions d’effectifs significatives. Un responsable du Bureau de la gestion et du budget, s’exprimant sous anonymat, a qualifié ces licenciements de « substantiels ».
Depuis 1976, le gouvernement fédéral américain a connu 20 fermetures. La plus longue de l’histoire s’est produite durant le premier mandat du président Trump, une paralysie de 34 jours entre décembre 2018 et janvier 2019, déclenchée par un désaccord sur le financement du mur frontalier.