Publié le 20 octobre. Huit femmes touchées par le cancer du sein partagent leur vécu dans le documentaire « Break Out », une œuvre poignante présentée au Congrès des députés pour plaider en faveur de davantage d’investissements dans la recherche et d’une meilleure prise en charge des patientes.
- Un appel fort à l’augmentation des budgets alloués à la recherche sur le cancer du sein, jugée essentielle pour améliorer les traitements et les taux de guérison.
- La nécessité de considérer la maladie sous un angle humain, émotionnel et psychologique, au-delà des statistiques médicales.
- L’importance de la prévention, du dépistage précoce et d’une approche multidisciplinaire pour accompagner les femmes confrontées au cancer.
Le documentaire « Break Out » a été dévoilé lundi au Congrès des députés dans le cadre de la Journée mondiale contre le cancer du sein. Cette œuvre singulière retrace le parcours de huit patientes, explorant la maladie sous ses aspects physiques, psychologiques et émotionnels. L’objectif est de proposer une « porte vers l’espoir » tout en affrontant la réalité de la maladie avec courage et détermination.
Isabel Bordoy, l’une des protagonistes, a souligné lors de la présentation l’importance de ce voyage, qualifié de « chemin collectif ». Elle a tenu à rendre hommage à ses compagnes de documentaire : Leyre Núñez, Ana Rey, Sherryellane Pascua, Eva Santamaría, Joana Cladera, Bel Bordoy, Mar Comín, et María Pau Ramis. Un hommage particulier a été rendu à cette dernière, décédée peu après le tournage.
Né au sein de l’unité mammaire de l’hôpital régional d’Inca (Majorque), le projet a suivi les huit femmes à travers les paysages des montagnes de Tramuntana. Il a bénéficié du soutien de la Fondation SOLTI et de la collaboration de l’Association espagnole contre le cancer (AECC).
Mar Comín, co-fondatrice de la société de production Vivirdelcuento, a expliqué que l’idée a germé après une discussion avec son chirurgien, le Dr Valerio Corazza. « Je dis toujours que ‘Sacar Chest’ est le documentaire que j’aurais aimé voir quand on m’a diagnostiqué il y a six ans », a-t-elle confié. Elle aspire à aider toutes les femmes confrontées au cancer du sein, une pathologie qui touche une femme sur huit en Espagne, selon les estimations.
AU-DELÀ DES CHIFFRES : EMPATHIE ET HUMANITÉ
Le Dr Carazzo a mis en avant la dimension humaine du documentaire, qui va au-delà des données médicales. Il vise à cultiver « l’empathie, l’humanisation et la compassion », des valeurs qu’il considère indispensables dans la formation des professionnels de santé et même dans l’éducation des enfants.
Le film aborde également des thèmes cruciaux tels que la prévention primaire et secondaire, l’importance d’adopter un mode de vie sain pour réduire les facteurs de risque, et le rôle vital du dépistage précoce. L’oncologue a insisté sur la nécessité d’une approche thérapeutique globale et multidisciplinaire, ainsi que sur l’importance d’informer les patientes à chaque étape de leur maladie pour atténuer l’anxiété et l’incertitude.
« Il est primordial de donner de la visibilité à la maladie et d’informer les patients ainsi que la société dans son ensemble », a ajouté Montserrat Muñoz, représentante de SOLTI. L’objectif est de favoriser des décisions médicales partagées et de mobiliser la société pour qu’elle exige davantage de recherche afin d’améliorer la guérison des patientes.
UN APPEL À L’INVESTISSEMENT ET À LA SOLIDARITÉ
Avant la projection, la présidente du Congrès des députés, Francina Armengol, a lancé un appel retentissant en faveur d’investissements accrus dans la recherche. « Le cancer n’est pas un problème que nous pouvons nous permettre de détourner le regard », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que si la mortalité due au cancer du sein diminue, son incidence, elle, augmente. « Cela nous montre que la science, lorsqu’elle dispose de ressources pour rechercher et faire son travail, fonctionne », a-t-elle souligné, insistant sur le fait que la recherche est un pilier de l’État providence.
Madame Armengol a également insisté sur l’importance du soutien mutuel face à la maladie. « Parce que le cancer n’est ni un combat ni un problème individuel, c’est un chemin collectif que nous parcourons ensemble en tant que société », a-t-elle affirmé. Elle a plaidé pour une société solidaire où les difficultés sanitaires sont surmontées collectivement, appelant à privilégier les investissements dans des services publics robustes pour la prévention, le dépistage et le soutien médical et social.
« Prendre soin, ce n’est pas seulement prescrire des médicaments, c’est réfléchir à la façon dont vous pouvez contribuer à la société grâce à vos connaissances. C’est pourquoi le travail des organisations qui s’engagent également dans la sensibilisation et la visibilité est également si important », a-t-elle rappelé.
La présidente du Congrès a conclu par un message d’engagement pour toutes les personnes concernées par le cancer : « Nous avons besoin d’information, de rapidité, d’efficacité et d’un nombre suffisant de professionnels qui ne travaillent pas dans des conditions précaires. Autrement dit, nous devons investir dans la santé publique, la science et la recherche. Nous devons protéger ces piliers de l’État providence ».