Publié le 10 février 2026 09:15:00. L’eurodéputé estonien Riho Terras s’oppose à l’idée d’une dette commune européenne pour financer l’augmentation des dépenses de défense, estimant que chaque pays doit trouver ses propres ressources. Cette question sera au cœur d’une réunion informelle des dirigeants européens cette semaine.
- Riho Terras critique l’endettement commun pour la défense, préférant un financement national.
- Emmanuel Macron plaide pour une dette commune dédiée à la défense et à l’intelligence artificielle.
- Les dirigeants européens discuteront de ces options lors d’une retraite informelle en Belgique.
L’eurodéputé estonien Riho Terras (PPE) a exprimé son scepticisme quant à la proposition d’une dette commune pour financer l’augmentation des dépenses de défense des pays membres de l’Union européenne. S’exprimant sur Europe Today, une émission de la chaîne Euronews enregistrée à Strasbourg, il a souligné l’importance pour chaque nation de mobiliser ses propres ressources financières.
« Je ne suis pas fan des prêts », a déclaré l’eurodéputé Terras, estimant que recourir aux marchés pour financer la défense n’est pas la meilleure option dont dispose l’UE.
Riho Terras, eurodéputé (PPE)
Cette position intervient alors que la question d’une dette commune européenne est régulièrement débattue au sein des institutions et par les chefs d’État et de gouvernement. Le président français Emmanuel Macron est l’un des principaux défenseurs de cette idée, qu’il souhaite affecter plus spécifiquement aux investissements dans la défense et l’intelligence artificielle (IA). Un entretien récent publié par plusieurs journaux européens a révélé ses arguments en faveur de cette approche.
La possibilité d’une dette commune sera discutée lors d’une réunion informelle des dirigeants européens, prévue jeudi au château belge d’Alden Biesen. L’ancien Premier ministre italien Enrico Letta et Mario Draghi, également ancien chef du gouvernement italien, participeront à ces échanges. Ce dernier promeut activement l’idée d’une « véritable fédération » européenne.
M. Terras s’est montré dubitatif face aux propositions de M. Draghi.
« Je ne pense pas que nous ayons besoin d’en discuter aujourd’hui car nous voyons qu’il n’y a aucune chance que le traité de Lisbonne soit modifié »,
Riho Terras, eurodéputé (PPE)
Il estime qu’il est plus réaliste de se concentrer sur les actions que les dirigeants européens peuvent mener dans le cadre actuel. Il a cependant réaffirmé la nécessité d’investir davantage dans la défense, tant au niveau national qu’européen.
L’eurodéputé estonien a insisté sur le fait que la sécurité européenne ne peut être assurée que par l’Europe elle-même, et qu’il est temps de cesser de dépendre des États-Unis. Il a souligné que l’administration américaine estime que les États-Unis ont trop contribué au financement de l’OTAN et souhaitent un partage plus équitable des coûts.
« L’administration américaine dit que les Etats-Unis ont payé trop longtemps et trop (pour financer l’OTAN). Ils pensent que c’est injuste. Ils veulent voir des actes, pas des paroles. Ils mentionnent toujours l’Espagne qui ne paie pas vraiment sa part. »
Riho Terras, eurodéputé (PPE)
De retour d’un voyage aux États-Unis, M. Terras s’est voulu rassurant quant à l’engagement américain envers l’Europe. Il a affirmé que le Congrès américain ne soutiendrait pas une prise de contrôle du Groenland et que les États-Unis restent attachés à l’alliance transatlantique.
« Toutes les discussions avec les membres du Congrès et les sénateurs m’ont assuré qu’ils font toujours partie de l’OTAN, mais qu’ils veulent que nous fassions davantage. »
Riho Terras, eurodéputé (PPE)