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Les paysages intérieurs d’Hammershøi

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Madrid, le 15 février 2026. Le musée Thyssen-Bornemisza consacre une première rétrospective au peintre danois Vilhelm Hammershøi, redécouvert ces dernières décennies pour la modernité subtile de sa palette et son exploration du silence et de la lumière.

  • L’exposition présente plus de 40 œuvres venues de collections danoises et internationales.
  • Elle retrace l’évolution artistique de Hammershøi, de ses premières formations à ses dernières compositions.
  • L’œuvre de l’artiste, longtemps oubliée, intrigue par son atmosphère intimiste et sa relation à la musique.

Après une période d’oubli qui a suivi l’essor des avant-gardes au XXe siècle, l’œuvre de Vilhelm Hammershøi (1864-1916) connaît un regain d’intérêt croissant. Le musée Thyssen-Bornemisza de Madrid célèbre ce renouveau avec une exposition ambitieuse qui explore l’ensemble de son parcours artistique. L’accrochage permet de saisir la singularité d’un peintre qui a su, par la réduction des formes et l’utilisation d’une palette chromatique dominée par les nuances de gris, de blanc et de noir, créer une atmosphère à la fois austère et poétique.

Le parcours débute par les premières œuvres d’Hammershøi, témoignant déjà des caractéristiques qui définiront son style : une composition épurée et une recherche de la lumière. L’exposition se déploie ensuite autour des thèmes majeurs de son œuvre : portraits, intérieurs domestiques, paysages urbains et ruraux. Une attention particulière est accordée à son épouse, Ida Ilsted, figure récurrente dans ses tableaux.

« Il allie le caractère énigmatique de ses intérieurs vides et austères et l’effet poétique de la lumière qui entre par la fenêtre »,

Clara Marcellán, commissaire de l’exposition

Les intérieurs, souvent dénués de présence humaine, sont particulièrement marquants. L’artiste semble interroger l’espace et le silence, créant une impression de solitude et de contemplation. L’œuvre Portes ouvertes (1905), par exemple, illustre cette fascination pour les perspectives et les jeux de lumière dans les pièces de sa résidence du Strandgade 30, à Copenhague.

Ida Ilsted, sœur du peintre Peter Ilsted et compagne de Hammershøi, occupait une place centrale dans sa vie et son œuvre. Elle posait régulièrement pour lui, parfois comme un personnage anonyme, parfois avec ses traits reconnaissables.

« Je posais pour lui quotidiennement, parfois comme un personnage anonyme à la manière de la femme vêtue de noir et dos tourné qui apparaît dans de nombreux intérieurs de l’artiste, et d’autres comme un personnage plus proche dans lequel on reconnaît ses traits et ses humeurs »,

Clara Marcellán, commissaire de l’exposition

Au-delà de la peinture, Hammershøi était passionné par la musique. Cette influence se retrouve dans sa recherche d’harmonie et de rythme dans ses compositions, ainsi que dans son exploration du silence. Comme l’a souligné Vassily Kandinsky, le blanc, couleur prédominante dans son œuvre, est capable de transmettre un silence plein de possibilités, comparable à une pause musicale.

L’exposition rassemble plus de 40 œuvres provenant d’institutions danoises telles que la National Gallery, la Collection David et le Musée Ordrupgaard, ainsi que de collections publiques et privées suédoises, allemandes, françaises, britanniques et américaines. Elle offre ainsi un panorama complet de l’œuvre d’un artiste qui, bien que tombé dans l’oubli pendant plusieurs décennies, est aujourd’hui reconnu comme l’une des figures majeures du réalisme européen.

Hammershoi. L’œil qui écoute

Musée national Thyssen-Bornemisza

Du 17 février au 31 mai.

Commissaire : Clara Marcellán.

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