Publié le 26 février 2026. Malgré l’opposition du gouvernement, le Congrès a validé la prolongation de la validité des permis de conduire arrivant à expiration, une mesure justifiée par les difficultés persistantes rencontrées par les municipalités pour répondre à la demande de renouvellement.
- Le Congrès a approuvé une prolongation de la validité des permis de conduire jusqu’au 31 décembre 2026.
- Les difficultés de renouvellement sont liées à des goulets d’étranglement dans les services en personne requis pour les examens.
- Des alternatives existent dans d’autres pays, où le renouvellement peut se faire à distance sous certaines conditions.
La décision du Congrès de prolonger la validité des permis de conduire expirés intervient dans un contexte de saturation des services administratifs chargés des renouvellements. Cette mesure, initialement mise en place pour faire face aux conséquences de la pandémie, est maintenue en raison des difficultés continues rencontrées par les municipalités pour traiter le volume important de demandes.
Les usagers sont confrontés à des délais importants pour obtenir un nouveau permis, un processus jugé lent et fastidieux qui comprend la prise de rendez-vous, la présentation des documents, les examens médicaux et psychotechniques, ainsi que le paiement des frais. Alejandro Lizana a critiqué cette situation dans une lettre adressée à El Mercurio, dénonçant un problème structurel et non plus uniquement lié à la pandémie. Il a déclaré :
« La prolongation du renouvellement des permis de conduire ne peut plus être attribuée à la pandémie. C’est la conséquence d’un système mal conçu, basé sur la méfiance et une logique administrative obsolète. »
Selon Lizana, le système chilien impose des examens standardisés à tous les conducteurs, même ceux qui ont un dossier impeccable, ce qui engendre une saturation permanente. Il souligne que dans d’autres pays, comme la Suède, le Royaume-Uni, Singapour, les Pays-Bas, ainsi que certaines régions d’Australie, du Canada et des États-Unis, le renouvellement peut se faire en ligne si le conducteur n’a pas d’infractions graves ou de problèmes médicaux. Il a ajouté :
« L’expérience internationale montre qu’il existe une alternative raisonnable : séparer le renouvellement administratif de la réévaluation des compétences. Dans les systèmes modernes, la licence est renouvelée à distance sauf alerte objective. »
Cette prolongation a toutefois été vivement critiquée par l’Automobile Club du Chili. Son directeur général, Carlos Larravide, a qualifié la décision de « dénuée de toute logique », soulignant les conséquences négatives déjà observées lors des précédentes prolongations. Il a averti que ce déséquilibre administratif pourrait perdurer pendant des années. Selon lui, les contrôles ne sont pas de simples formalités administratives, mais permettent de vérifier les aptitudes cognitives, psychologiques et motrices nécessaires à la conduite. Il a estimé qu’opter pour des solutions administratives rapides représente « un signe inacceptable de négligence politique ».
Alberto Escobar, spécialiste de la sécurité routière, a souligné que dans des pays comme l’Allemagne, le permis de conduire n’expire pas, mais fait l’objet d’un contrôle permanent. Il a cependant mis en garde contre une application similaire au Chili, en raison du manque d’intégration institutionnelle et d’échange d’informations. Álvaro Miranda, directeur du programme de transport et de logistique à l’UTEM, a également estimé que le renouvellement automatique est encore loin d’être viable au Chili, soulignant la nécessité de construire des bases de données et des systèmes d’information intégrés. Il a conclu :
« C’est une bonne idée, mais nous ne pouvons pas la mettre en œuvre aujourd’hui. »