Les cours du pétrole ont subi une pression baissière significative cette semaine, malgré des signaux de demande plus robustes de la part de la Chine et un marché mondial plus tendu que prévu. L’incertitude géopolitique et la persistance des craintes liées aux tarifs douaniers ont pesé sur les prix, poussant le baril de Brent et le brut West Texas Intermediate (WTI) à la baisse.
Vendredi matin, les marchés pétroliers se dirigeaient vers une semaine de pertes notables. Cette tendance baissière s’explique par une combinaison de facteurs, notamment les inquiétudes concernant les tarifs douaniers et la production de l’OPEP+, qui ont engendré un sentiment de méfiance chez les traders. Au moment de la rédaction, le baril de Brent s’échangeait à 66,39 $, et le WTI à 63,79 $, tous deux en deçà des niveaux de clôture de jeudi.
De manière surprenante, cette baisse intervient alors que le président Trump a imposé une surtaxe de 25 % sur toutes les importations indiennes, en guise de représailles aux achats de brut russe par l’Inde. Selon les analystes de Wall Street, ces tarifs supplémentaires pourraient potentiellement affecter l’approvisionnement mondial en pétrole, représentant environ 3,5 millions de barils par jour.
Les prix ont également été affectés par l’annonce d’une possible rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine. D’après les analystes d’ING, cette rencontre est jugée importante car « elle pourrait impacter les tarifs secondaires sur l’Inde, selon l’évolution des discussions. Cependant, il est crucial de noter que la date limite fixée par le président Trump pour un accord de paix russo-ukrainien expire aujourd’hui, laissant planer le risque d’un durcissement des sanctions américaines à l’encontre de Moscou », ont précisé Warren Patterson et Ewa Manthey.
Parallèlement, les raffineurs indiens cherchent activement à diversifier leurs sources d’approvisionnement en pétrole. Reuters rapporte que deux grandes compagnies publiques ont sécurisé environ 22 millions de barils, livrables dans les mois à venir, auprès de fournisseurs non russes.
Côté offre, les importations de pétrole brut de la Chine ont connu une hausse notable en juillet, augmentant de 11,5 % par rapport à l’année précédente pour atteindre une moyenne quotidienne de 11,2 millions de barils. Néanmoins, ce volume reste inférieur de 5,4 % à celui de juin, mois durant lequel les importations avaient atteint un pic à 12,14 millions de barils par jour, le plus élevé depuis près de deux ans. Ce pic de juin s’expliquait par un réapprovisionnement post-maintenance des raffineries et des achats opportunistes par des raffineurs indépendants, profitant des remises importantes sur les barils concernés par des sanctions.
Malgré ces signes de demande, le marché mondial du pétrole s’est révélé plus tendu que prévu, en partie à cause d’une application moins rigoureuse des réductions de production annoncées par l’OPEP+. Cependant, ces facteurs n’ont pas suffi à compenser l’impact négatif des tarifs douaniers sur le sentiment des opérateurs.