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Les « produits chimiques éternels » PFAS affectent le cerveau des enfants

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Mis à jour le samedi 18 octobre 2025 à 11h54. Une étude suédoise met en lumière un lien potentiel entre l’exposition aux produits chimiques PFAS chez les femmes enceintes et des altérations cérébrales observées chez leurs enfants cinq ans plus tard. Les chercheurs ont exprimé leur surprise face à ces découvertes préliminaires.

  • Des chercheurs suédois ont établi une corrélation entre la présence de produits chimiques PFAS dans l’organisme des femmes enceintes et des modifications cérébrales chez leurs enfants à l’âge de cinq ans.
  • La signification exacte de ces altérations neurologiques n’est pas encore clairement déterminée.
  • Les PFAS, qualifiés de « polluants éternels », sont transférés de la mère au fœtus via le placenta, exposant ainsi le développement précoce de l’enfant.

Une étude menée par des chercheurs de l’université d’Örebro, en collaboration avec des universités finlandaises, suggère qu’une exposition prénatale aux PFAS pourrait avoir des conséquences sur le développement cérébral de l’enfant. Les résultats, publiés dans la revue *The Lancet Planetary Health*, ont suivi des milliers de mères et de leurs enfants sur plusieurs années.

Les PFAS, substances chimiques synthétiques conçues pour résister à la dégradation, s’accumulent dans l’environnement et dans le corps humain. Leur omniprésence rend leur évitement quasi impossible. Les scientifiques soulignent que la période de grossesse et les premières années de vie sont particulièrement critiques pour le développement du cerveau et d’autres organes, rendant le fœtus et le jeune enfant plus vulnérables aux effets potentiels de ces composés.

Des recherches antérieures avaient déjà mis en évidence le lien entre les PFAS et des perturbations du système immunitaire, tandis que leur impact sur le métabolisme, l’équilibre hormonal et le développement neurologique était suspecté. Le professeur Tuulia Hyötyläinen, de l’université d’Örebro, indique que les travaux actuels suggèrent que même de faibles niveaux d’exposition aux PFAS pourraient affecter le cerveau.

Elle ajoute qu’une recherche plus approfondie est nécessaire pour comprendre précisément comment ces substances chimiques influencent la cognition et le fonctionnement cérébral chez les enfants, ainsi que pour identifier les mécanismes sous-jacents et les conséquences à long terme.

Face à ces découvertes, il est conseillé aux femmes enceintes de limiter leur exposition aux PFAS. Cela inclut d’éviter la consommation de poissons provenant de zones connues pour leur forte contamination par ces produits chimiques, de privilégier des ustensiles de cuisine sans revêtement antiadhésif et de choisir des produits de beauté exempts de PFAS.

Faits sur les PFAS

  • Les substances per- et polyfluorées (PFAS) sont une vaste famille de produits chimiques artificiels reconnus pour leurs propriétés résistantes et polyvalentes, dues à leur forte teneur en fluor.
  • Considérés comme des polluants environnementaux majeurs, les PFAS font partie des substances les plus préoccupantes selon l’Agence norvégienne pour l’environnement.
  • Leur extrême lenteur de dégradation entraîne une accumulation significative dans la nature et dans les organismes vivants, avec des effets potentiellement nocifs pour la santé, y compris un risque cancérigène.
  • Ces composés synthétiques se retrouvent dans une large gamme de produits du quotidien, tels que les textiles, les emballages alimentaires, les ustensiles de cuisine, les cosmétiques, les fart de ski et les mousses anti-incendie.
  • Le catalogue des PFAS s’étend à plus de 10 000 substances différentes, dont les impacts à court et long terme sur la santé et l’environnement ne sont pas encore entièrement documentés.
  • La Norvège a activement œuvré à la réglementation de ces substances, obtenant des restrictions et interdictions au niveau européen et international.
  • Les PFAS de type PFOS et PFOA sont déjà soumis à des régulations strictes.
  • Dans une démarche coordonnée avec la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et l’Allemagne, la Norvège a proposé une interdiction généralisée des PFAS au sein de l’Union européenne et de l’Espace économique européen. Le processus de restriction est en cours et devrait se poursuivre en 2026.

Source : Agence norvégienne pour l’environnement

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