Home Économie Les rendements du Bund ne reflètent pas l’optimisme des actions

Les rendements du Bund ne reflètent pas l’optimisme des actions

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Les rendements des Bunds allemands connaissent une baisse marquée, contrastant fortement avec la performance des marchés actions. Cette divergence soulève des questions quant aux facteurs déterminant le comportement de ces actifs, traditionnellement considérés comme des valeurs refuges.

Alors que les Bourses mondiales semblent avoir digéré les craintes liées aux tarifs douaniers qui ont secoué les marchés la semaine dernière, les obligations d’État allemandes, les Bunds, affichent une tendance plus pessimiste. Le rendement du Bund à 10 ans, par exemple, se situe désormais en deçà des niveaux observés en juin, une période pourtant marquée par une incertitude macroéconomique considérable suite aux annonces de Donald Trump. Depuis lors, les perspectives de croissance en zone euro et la performance des actions européennes s’étaient nettement améliorées, contribuant à une remontée des taux dans la région. Cependant, ces derniers jours ont été le théâtre d’une chute disproportionnée des rendements des Bunds, rompant apparemment le lien traditionnel avec les actions.

Plusieurs éléments pourraient expliquer ce phénomène. Du côté de la demande, une possible fuite des investisseurs vers des valeurs refuges en période de turbulences sur les marchés pourrait être un facteur. Parallèlement, l’offre d’obligations est particulièrement faible ce mois-ci. Les émissions nettes d’obligations d’État en octobre devraient être négatives, laissant très peu de titres à absorber par les marchés. Cette conjoncture d’offre limitée contribue à expliquer l’environnement favorable pour les spreads des obligations d’État européennes face aux Bunds, qui ont connu un resserrement notable récemment, malgré la baisse des rendements allemands.

Le rôle du swap spread est également souligné. Cet indicateur s’échange actuellement 1 point de base (pb) en dessous des taux des swaps depuis quelques jours, ce qui pourrait refléter une demande accrue pour des actifs de haute qualité. Structurellement, on pourrait s’attendre à ce que les rendements des Bunds soient nettement supérieurs aux swaps, surtout compte tenu des futures émissions liées aux plans de dépenses allemands et au resserrement quantitatif.

Néanmoins, les marchés pourraient privilégier une vision à court terme, anticipant de nouveaux épisodes d’aversion au risque, similaires à ceux observés récemment. Une telle volatilité favoriserait logiquement un afflux vers des actifs jugés plus sûrs, comme les Bunds.

La tentative de la France de présenter un nouveau budget a été bien accueillie par les marchés, contribuant à réduire le spread d’environ 5 pb la semaine dernière, et ce, alors même que la question des retraites pourrait être reportée à un futur gouvernement.

Événements et perspectives du marché pour jeudi

L’attention reste focalisée sur les interventions des banques centrales. Du côté de la Banque Centrale Européenne (BCE), des allocutions sont attendues de la part de Wunsch, Kocher, Lane et Lagarde. Aux États-Unis, la Réserve Fédérale (Fed) verra ses membres Waller, Barr, Miran, Bowman et Kashkari prendre la parole. La Banque d’Angleterre (BoE) sera représentée par Mann et Greene.

En matière de données économiques, le Royaume-Uni publiera sa croissance pour le mois d’août, ainsi que des chiffres sur la production industrielle et la balance commerciale. La zone euro présentera également sa balance commerciale du mois d’août. Les publications de données américaines seront limitées en raison d’une fermeture partielle, obligeant les marchés à s’appuyer sur des rapports tels que celui de la Fed de mercredi.

Ce jeudi, la publication des chiffres de la Fed de Philadelphie pour octobre est attendue.

Sur les marchés primaires, la France et l’Espagne seront actives. La France proposera aux investisseurs des obligations à court et moyen terme, ainsi que des obligations indexées sur l’inflation, pour un montant total pouvant atteindre 12,75 milliards d’euros. L’Espagne réalisera des adjudications d’obligations pour un total de 5 milliards d’euros.

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