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Les républicains du Texas font des musulmans de nouveaux boucs émissaires politiques

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L’islamophobie s’immisce de plus en plus dans la campagne électorale texane, certains candidats républicains utilisant des rhétoriques incendiaires contre les musulmans pour mobiliser leur base, alors que les questions d’immigration, autrefois centrales, perdent de leur impact.

Des accusations virulentes, allant de l’interdiction de pratiques religieuses spécifiques à des allégations de terrorisme, sont désormais monnaie courante. Larry Brock, candidat à la représentation de l’État, a récemment déclaré lors d’un forum près de Dallas : « Nous devrions interdire la burqa, le hijab, l’abaya, le niqab », avant d’ajouter : « Non à la viande halal. Non à la célébration du Ramadan. Non, non, non. » Ces propos, rapportés par le New York Times, interviennent alors que Brock est déjà connu pour son passé trouble : il a été condamné à deux ans de prison pour son rôle dans l’invasion du Capitole américain le 6 janvier 2021.

Brock n’est pas un cas isolé. Aaron Reitz, candidat au poste de procureur général, a diffusé une publicité accusant des politiciens d’« importer des millions de musulmans dans notre pays », ce qui, selon lui, entraînerait « plus de terrorisme, plus de criminalité ». Son concurrent, Chip Roy, co-fondateur du « Sharia-Free America Caucus », plaide pour une modification de la Constitution du Texas afin de protéger l’État d’une prétendue « islamisation » par des « marxistes radicaux ».

Même au sein du parti républicain, la rhétorique anti-musulmane est utilisée comme arme politique. Le sénateur sortant John Cornyn est attaqué par son adversaire, le procureur général Ken Paxton, qui l’accuse d’être « indulgent envers l’islam radical ». Paxton a également diffusé un spot télévisé qualifiant l’islam radical « d’idéologie sanguinaire ». En réponse, Cornyn a accusé Paxton de lancer une attaque désespérée, affirmant que celui-ci avait « aidé des Afghans islamiques radicaux à envahir le Texas », en référence à un programme de visas destiné aux personnes ayant aidé les forces américaines.

Cette escalade de l’hostilité envers les musulmans rappelle les tensions qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001. Récemment, le représentant républicain de Floride, Randy Fine, a suscité l’indignation en déclarant sur X (anciennement Twitter) : « S’ils nous obligent à choisir, le choix entre les chiens et les musulmans n’est pas difficile. » Il a ensuite publié plusieurs images de chiens accompagnées du message « Ne me marchez pas dessus ».

Le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, contribue également à ce climat délétère. En novembre dernier, il a publié un décret désignant les Frères musulmans et le Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR) – un important groupe de défense des droits civiques – comme des organisations terroristes.

L’hystérie ne s’arrête pas là. Bo French, candidat à la Commission des chemins de fer du Texas, a même appelé le président Trump à rassembler et à expulser tous les musulmans d’Amérique. Il avait précédemment lancé un sondage en ligne demandant aux internautes de choisir entre les juifs et les musulmans comme étant la « plus grande menace pour l’Amérique ».

Une grande partie de cette campagne de dénigrement se concentre sur un projet de développement immobilier baptisé EPIC City, prévu sur un terrain agricole à 40 miles à l’est de Dallas. Initiée par le Centre islamique East Plano, cette communauté de 1 000 logements vise à accueillir un nombre croissant de fidèles musulmans, tout en étant ouverte à tous, quelle que soit leur religion.

Ken Paxton a annoncé qu’il enquêterait sur ce projet, le qualifiant de « ville de la charia » potentiellement illégale. Le ministère américain du Logement et du Développement urbain a également ouvert une enquête, saluée par Abbott, après que le ministère de la Justice a discrètement clôturé une enquête précédente, estimant que les promoteurs s’étaient engagés à respecter les lois fédérales sur le logement équitable.

Selon une étude du Pew Research Center réalisée en 2024, les musulmans représentent environ 2 % de la population adulte du Texas, soit entre 300 000 et 500 000 personnes dans un État comptant près de 32 millions d’habitants. Jim Henson, directeur du Texas Politics Project à l’Université du Texas à Austin, explique que les républicains cherchent un nouveau bouc émissaire, car les questions d’immigration ne mobilisent plus autant qu’avant. « Les républicains doivent trouver autre chose qui exploite ces problèmes d’identité culturelle et unifie et anime la base du GOP », a-t-il déclaré.

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