Mis à jour le 18 février 2026 à 17h24. L’Europe pourrait être plus vulnérable au chikungunya qu’on ne le pensait, selon une nouvelle étude qui révèle que le virus peut se propager à des températures plus basses, élargissant ainsi la zone à risque et la période de transmission.
- Le chikungunya, traditionnellement limité aux régions tropicales, se propage en Europe en raison du réchauffement climatique.
- Une nouvelle analyse indique que le virus peut se transmettre par des températures allant de 14 °C à 32 °C (57 °F à 90 °F), ce qui augmente considérablement le risque de propagation.
- Les pays les plus à risque sont l’Albanie, la Grèce, l’Italie, Malte, l’Espagne et le Portugal, mais l’Allemagne est également considérée comme une zone à risque modéré.
Alors que le réchauffement climatique modifie la répartition géographique des maladies infectieuses, le chikungunya, une maladie virale transmise par les moustiques, suscite une inquiétude croissante en Europe. Une récente étude publiée dans la revue Interface de la Royal Society britannique révèle que le virus pourrait se propager plus facilement et sur une plus grande échelle que prévu, en raison de sa capacité à survivre et à se transmettre à des températures plus basses.
Jusqu’à présent, le chikungunya était principalement confiné aux régions tropicales et subtropicales. Cependant, ces dernières années, des épidémies ont été signalées dans plusieurs pays européens, notamment en Italie, en France et en Espagne. L’été dernier, des cas ont même été détectés à proximité de la frontière allemande, bien qu’aucune infection locale n’ait encore été enregistrée sur le territoire allemand.
Le chikungunya se manifeste par de fortes fièvres et des douleurs articulaires intenses, souvent accompagnées de douleurs musculaires, de maux de tête, de nausées, de fatigue et d’éruptions cutanées. Si la plupart des patients guérissent en quelques jours, les douleurs articulaires peuvent persister pendant des semaines, des mois, voire des années dans certains cas. Bien que rarement mortel, le chikungunya peut être particulièrement dangereux pour les personnes souffrant de maladies chroniques, les femmes enceintes et les nourrissons. Les personnes ayant déjà contracté le virus acquièrent une immunité à vie.
À quelle température la transmission est-elle possible ?
L’équipe de recherche dirigée par Sandeep Tegar du Centre d’écologie et d’hydrologie de Wallingford, au Royaume-Uni, a analysé les données existantes pour déterminer les températures minimales permettant la transmission du virus par le moustique tigre asiatique (Aedes albopictus). Les résultats indiquent que la transmission est possible dans une fourchette de températures allant d’environ 14 °C à 32 °C, avec une température optimale autour de 26 °C. Cette plage est inférieure de deux à deux demi-degrés à ce qui était estimé précédemment.
Quels sont les pays européens les plus à risque ?
Selon l’étude, la propagation du chikungunya est probable dans une grande partie de l’Europe, en particulier en juillet et août, et même dans les régions du sud de mai à novembre. Les pays les plus exposés sont l’Albanie, la Grèce, l’Italie, Malte, l’Espagne et le Portugal. L’Allemagne est classée comme une zone à risque modéré.
Qui transmet le virus ?
Le principal vecteur du virus chikungunya en Europe est le moustique tigre asiatique (Aedes albopictus). Introduit dans le sud de l’Europe en 2007, ce moustique s’est progressivement étendu vers l’Europe centrale. En Allemagne, il est particulièrement présent le long du Rhin, dans le sud-ouest du pays, et à Berlin, mais on l’observe de plus en plus dans d’autres régions.
Les experts prévoient que le moustique tigre continuera à se propager vers le nord de l’Europe en raison du changement climatique, et qu’il finira par coloniser la majeure partie du continent. La première épidémie de chikungunya transmise localement en Europe, rendue possible par la présence du moustique, s’est produite en Italie en 2007.
Quel est l’origine du nom « Chikungunya » ?
Le chikungunya est originaire d’Afrique de l’Est. Le nom provient d’une langue locale de Tanzanie et signifie littéralement « celui qui se courbe », en référence à la posture voûtée adoptée par les personnes atteintes en raison de la douleur intense.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des cas de chikungunya ont désormais été enregistrés dans plus de 110 pays en Asie, en Afrique, en Amérique et en Europe. Actuellement, deux vaccins sont disponibles, mais leur déploiement reste limité.
Pourquoi les épidémies augmentent-elles en Europe ?
L’équipe de Tegar estime que le nombre d’infections par les arbovirus (virus transmis par des arthropodes hématophages tels que les moustiques ou les tiques) transmises par les moustiques Aedes augmente chaque année d’environ 25 % en Europe. Des épidémies récurrentes de chikungunya et de dengue sont observées depuis plusieurs années dans les pays du sud de l’Europe. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) anticipe que les infections par des agents pathogènes tels que le virus du Nil occidental ou le virus du chikungunya deviendront une réalité courante en Europe.
L’année dernière, 27 foyers de chikungunya ont été signalés en Europe, selon les autorités sanitaires. L’ECDC attribue cette propagation croissante aux conditions climatiques favorables à la prolifération des moustiques : hausse des températures, étés plus longs, hivers plus doux et modifications des régimes de précipitations.