Publié le 23 février 2026 16:32:00. Les États-Unis accusent la Chine d’avoir mené un essai nucléaire secret en 2020, ravivant les craintes d’une nouvelle course aux armements et remettant en question les efforts internationaux de non-prolifération.
- Washington affirme que Pékin a dissimulé l’explosion, utilisant des techniques pour minimiser la détection sismique.
- Les données d’une station de surveillance au Kazakhstan indiquent une explosion incompatible avec une activité minière ou un tremblement de terre.
- La Chine nie les accusations, affirmant qu’elle ne dispose d’aucune preuve factuelle.
Les tensions géopolitiques s’intensifient alors que les États-Unis révèlent de nouvelles informations concernant un possible essai nucléaire chinois réalisé en juin 2020. Le sous-secrétaire d’État américain chargé du contrôle des armements et de la sécurité internationale, Thomas DiNanno, a fait cette annonce le 6 février lors de la Conférence du désarmement à Genève, une plateforme multilatérale des Nations Unies dédiée au contrôle des armes nucléaires.
Selon les États-Unis, la Chine aurait cherché à dissimuler l’explosion nucléaire pour éviter de violer les engagements internationaux interdisant les essais. « L’APL a cherché à dissimuler les essais en dissimulant les explosions nucléaires, car elle a reconnu que ces essais violaient les engagements d’interdiction des essais », a déclaré DiNanno, comme rapporté par RFI. Pékin aurait utilisé une technique appelée « découplage », visant à réduire l’efficacité de la surveillance sismique, pour masquer ses activités.
Le 17 février, des détails supplémentaires ont été rendus publics grâce au secrétaire d’État adjoint Christopher Yeaw. Lors d’une conférence à l’Institut Hudson, il a expliqué que les données sismiques recueillies par une station de surveillance au Kazakhstan, enregistrant une « explosion » de magnitude 2,75 à 720 km du site d’essais de Lop Nor dans la région du Xinjiang, étaient incompatibles avec une activité autre qu’un essai nucléaire. « Ce n’est absolument pas compatible avec un séisme », a-t-il affirmé, soulignant son expertise en génie nucléaire, comme le rapporte L’Express.
La Chine a réagi avec prudence, contestant les allégations américaines et affirmant qu’elles manquent de preuves factuelles. Jeffrey Lewis, expert en armes nucléaires et en contrôle des armements, a souligné sur le réseau social X que la Chine, à l’instar des États-Unis, a déclaré un moratoire sur les essais nucléaires. Cependant, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), bien qu’interdisant les « explosions nucléaires », ne définit pas clairement ce terme, ouvrant la voie à des interprétations divergentes.
Ces accusations interviennent dans un contexte d’expansion nucléaire chinoise et d’activités d’essais de missiles plus fréquentes. Selon le dernier rapport du Pentagone sur la puissance militaire chinoise, Pékin développe des armes nucléaires de faible puissance (inférieure à 10 kilotonnes) pour une utilisation avec des missiles balistiques à portée intermédiaire et des bombardiers. Des informations antérieures, remontant à avril 2020, avaient déjà évoqué la possibilité d’essais nucléaires chinois de faible puissance, comme le signalait le Wall Street Journal.
Parallèlement, les États-Unis et la Russie continuent de tester de nouvelles plateformes de livraison d’armes nucléaires, ce qui pourrait conduire à une spirale d’essais et inciter d’autres pays à envisager des programmes nucléaires. Des pays comme le Japon, la Corée du Sud, la Suède et l’Allemagne étudient des options pour renforcer leur sécurité nucléaire, ce qui pourrait marquer la fin de la non-prolifération nucléaire. Dans ce contexte, la recherche de mesures pratiques pour améliorer la stabilité nucléaire internationale apparaît plus cruciale que jamais.