Publié le 19 février 2026 à 05:52:00. L’Inde diversifie ses sources d’approvisionnement en pétrole en se tournant vers le Venezuela, un mouvement qui s’accompagne d’une réduction progressive des importations de pétrole russe et qui pourrait faciliter un accord commercial avec Washington.
- Bharat Petroleum Corp (BPCL) et HPCL Mittal Energy Ltd ont réalisé leurs premières acquisitions de pétrole vénézuélien.
- Ces raffineries indiennes ont acheté un total de deux millions de barils de pétrole brut Merey, avec l’objectif de réduire les coûts d’expédition grâce à un chargement groupé.
- Cette diversification intervient dans un contexte de volonté de New Delhi de réduire sa dépendance au pétrole russe.
L’Inde renforce sa coopération énergétique avec le Venezuela, marquant un tournant dans sa politique d’approvisionnement en pétrole. Bharat Petroleum Corp (BPCL) a effectué son premier achat de pétrole vénézuélien, suivi par HPCL Mittal Energy Ltd (HMEL), qui n’avait pas importé de brut vénézuélien depuis deux ans, selon des sources proches du dossier.
Les deux raffineries ont chacune acquis un million de barils de pétrole brut vénézuélien de type Merey. Ce pétrole lourd, acquis via deux contrats distincts, sera chargé sur un grand porte-conteneurs afin d’optimiser les coûts de transport. Ces achats portent à au moins six millions de barils le volume total de pétrole vénézuélien importé par l’Inde depuis le début de l’année, et devraient se poursuivre jusqu’en avril, selon les mêmes sources.
Les transactions ont été réalisées avec la société de négoce Vitol, sans que les détails des prix n’aient été divulgués. BPCL et HMEL n’ont pas souhaité commenter ces informations, tout comme Vitol, qui s’est abstenu de toute déclaration. HMEL, une coentreprise entre Hindustan Petroleum Corp et le magnat de l’acier Lakshmi Niwas Mittal, avait déjà réceptionné du pétrole vénézuélien en février 2024, comme l’indiquent les données de flux commerciaux de LSEG et Kpler.
Cette diversification de l’approvisionnement s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire la dépendance de l’Inde au pétrole russe. New Delhi n’a pas officiellement annoncé de fin à ses importations de pétrole russe, mais les raffineries indiennes semblent privilégier d’autres sources. HMEL a d’ailleurs suspendu ses importations de pétrole russe en octobre dernier.
D’autres raffineries indiennes, telles que Reliance Industries et Indian Oil Corp, ont déjà acquis du pétrole vénézuélien à des prix compétitifs, oscillant entre 6,5 et 7 dollars le baril, soit un prix inférieur à celui du brut de Dubaï. Vitol et Trafigura, deux importantes sociétés de négoce, commercialisent et vendent le pétrole vénézuélien depuis janvier, dans le cadre des licences accordées par les États-Unis suite à l’accord entre Caracas et Washington. Plus d’informations sur Reuters.
BPCL prévoit de répartir ses livraisons entre le port de Kochi, dans l’État du Kerala (sud de l’Inde), pour sa raffinerie locale d’une capacité de 310 000 barils par jour, et le port de Sikka, dans l’État du Gujarat (ouest de l’Inde), pour sa raffinerie de Bina, d’une capacité de 156 000 b/j. HMEL, quant à elle, importe son pétrole brut via le port de Mundra, également situé dans le Gujarat, pour sa raffinerie de Bathinda, dans le nord de l’Inde, qui a une capacité de 226 000 b/j.
Parallèlement, les exportations de pétrole vénézuélien vers les États-Unis devraient connaître un regain en avril. La raffinerie Valero Energy devrait recevoir jusqu’à 6,5 millions de barils de brut vénézuélien en mars, et Chevron augmente rapidement ses expéditions vers les États-Unis. D’autres raffineurs américains étudient également la possibilité d’achats directs au Venezuela, selon les sources de Reuters.