Publié le 9 février 2026 21h02. Après des négociations intenses, une grève de trois jours dans le secteur ferroviaire a été évitée de justesse grâce à un accord « historique » entre les syndicats et le ministère des Transports, prévoyant des investissements massifs et la création de milliers d’emplois.
- Un accord a été conclu avec les syndicats CC.OO., UGT et Semaf, mettant fin à la menace de grève.
- Le gouvernement s’engage à investir 1,8 milliard d’euros dans la maintenance ferroviaire et à créer 3 650 postes.
- Renfe a annoncé une reprise progressive du service après le début de la grève, marqué par des retards et des annulations.
Un accord de dernière minute a permis d’éviter une paralysie du réseau ferroviaire espagnol. Les principaux syndicats du secteur, CC.OO., UGT et Semaf, ont renoncé à la grève de trois jours qu’ils avaient programmée, après avoir trouvé un terrain d’entente avec le ministère des Transports. L’annonce est intervenue en pleine première journée de grève, qui avait déjà entraîné des perturbations importantes sur plusieurs lignes.
Les négociations, menées tambour battant, ont abouti à la signature d’un accord comprenant plus de 25 points, regroupés en quatre grands axes. Le ministre des Transports, Óscar Puente, a officialisé l’entente après son retour d’un voyage en Arabie saoudite. Selon Diego Martín, secrétaire général de Semaf, l’accord repose sur « l’amélioration des investissements dans les infrastructures, l’amélioration des mesures de sécurité et l’incorporation des professionnels nécessaires à cela ».
Le ministère des Transports a salué la volonté de dialogue des syndicats et leur capacité à parvenir à un consensus, soulignant que cet accord bénéficiera à l’ensemble du système ferroviaire. Les organisations syndicales, qui représentent plus de 80 % des employés du secteur, avaient initialement appelé à la grève les 9, 10 et 11 février, suite à des accidents mortels survenus à Adamuz (Cordoue) et Gélida (Barcelone), et réclamaient des mesures de sécurité renforcées. D’autres syndicats, comme la CGT et le Syndicat des chemins de fer (SF), n’ont pas été intégrés aux négociations et ont maintenu leur appel à la grève.
Plus d’investissements dans la maintenance et les nouveaux emplois
L’une des principales revendications des machinistes portait sur l’augmentation des dépenses d’entretien. L’accord prévoit la mise en place de deux accords de financement avec l’Administration Générale de l’État, l’un avec Adif et l’autre avec Adif Alta Velocidad. Le premier prévoit 861 millions d’euros pour 2026, qui passeront à 1,179 milliard en 2030. Le second prévoit une augmentation de 44 %, passant de 435,6 millions d’euros l’an dernier à 629 millions en 2030.
Par ailleurs, il est prévu d’améliorer le parc de véhicules dédiés à la maintenance des infrastructures, avec l’ajout progressif de 300 véhicules supplémentaires, dont les 100 premières unités devraient être disponibles au cours du premier semestre de cette année. L’accord prévoit également une augmentation des effectifs d’Adif et de Renfe, avec la création de 3 600 postes. Adif prévoit de pourvoir 2 400 postes supplémentaires entre 2026 et 2030 (environ 480 par an), tandis que Renfe recrutera 1 200 personnes supplémentaires dans ses centres de structure, de conduite, d’intervention, de gares, de gestion et de maintenance.
Enfin, l’Agence nationale de sécurité ferroviaire (AESF) sera renforcée avec 50 nouveaux postes et des moyens supplémentaires pour la supervision, la formation et la coordination des risques. Des groupes de travail seront également mis en place pour examiner les limitations de vitesse, les protocoles en cas de phénomènes météorologiques et la culture de sécurité dans le secteur.
Une commission mixte sera créée dans un délai d’un mois pour suivre la mise en œuvre de l’accord, et se réunira régulièrement en fonction des besoins.
Trains annulés et services minimum
Lors de la première journée de grève, Renfe a indiqué que le taux de participation des employés était de 11,6 % sur l’équipe du matin, atteignant un cumul de 11,2 % en incluant l’équipe de nuit. Des retards et des annulations ont été enregistrés, notamment à la gare de Madrid-Puerta de Atocha Almudena Grandes. Huit trains Ouigo (Madrid-Murcie, Madrid-Valence et Madrid-Barcelone) ont été annulés, tandis que huit autres trains d’Iryo (Madrid-Barcelone et Madrid-Valence) n’étaient pas garantis.
Renfe a affirmé que les services AVE, Avlo, Alvia, Euromed et Intercity ont atteint 80 % des services minimaux. Cependant, sept liaisons ont été supprimées : trois sur le corridor nord-est, deux sur le corridor sud et deux sur le corridor nord. Sur le réseau Cercanías, les perturbations ont été les plus importantes à Rodalies, avec des retards sur toutes les lignes et un respect des services minimaux de seulement 42 %, tombant à 41 % sur Cercanías.
En Andalousie, avec un taux de participation de 52,7 %, les annulations se sont ajoutées aux difficultés liées aux conditions météorologiques. Au total, Renfe a assuré 62,6 % des services minimaux dans tout le pays, selon l’entreprise.
Indemnisation pour retards et annulations
Les associations de consommateurs rappellent que les voyageurs affectés par les retards et les annulations liés à la grève ont des droits. L’OCU précise que les passagers dont les trains ont été annulés peuvent demander le remboursement de leur billet et, en outre, une indemnisation complémentaire dont le montant varie en fonction de la situation. Il est également possible de réclamer des dommages et intérêts en cas d’annulation ou de retard, il est donc conseillé de conserver le billet ou la facture.
Facua a également indiqué dans un communiqué que, si le retard dépasse 60 minutes, l’entreprise doit proposer aux voyageurs un remboursement intégral du billet ou un transport alternatif, ainsi que des repas, des collations et, si nécessaire, un hébergement gratuit.
Ces compensations ne s’appliquent toutefois pas aux billets achetés pendant la durée de la grève, comme le précise l’association.