Les tensions montent entre le Venezuela et le Guyana autour de la région contestée de l’Essequibo. Caracas, sous la présidence de Nicolás Maduro, intensifie ses revendications territoriales, poussant le petit État sud-américain à chercher le soutien des États-Unis. Cette escalade fait suite aux importantes découvertes d’hydrocarbures au large des côtes guyanaises.
- Le Venezuela réclame le territoire riche en ressources de l’Essequibo, une zone correspondant aux deux tiers de la superficie continentale du Guyana.
- Les découvertes massives de pétrole et de gaz, notamment par ExxonMobil dans le bloc Stabroek, ravivent un conflit historique depuis 1841.
- Le Guyana, militairement moins puissant, se tourne vers les États-Unis pour obtenir des garanties de sécurité face aux manœuvres vénézuéliennes.
La situation géopolitique autour de la région de l’Essequibo, territoire contesté entre le Venezuela et le Guyana, s’est considérablement tendue. Sous la houlette de son président Nicolás Maduro, le Venezuela a multiplié les actions agressives pour faire valoir ses prétentions sur cette zone. Ces manœuvres incluent un renforcement militaire à la frontière et l’organisation d’un référendum controversé, lors duquel 95,9 % des votants auraient soutenu l’annexion du territoire. En mai 2025, Caracas a même organisé des élections pour désigner les représentants de ce qu’il a nommé son 24ème État : la Guayana Esequiba.
Cette escalade prend une dimension particulièrement critique dans le contexte des récentes et importantes découvertes d’hydrocarbures réalisées par le Guyana. ExxonMobil, en particulier, a annoncé une étape de production de 770 000 barils par jour, suite au lancement de son projet Yellowtail en août. Au total, le bloc offshore Stabroek recèlerait 11 milliards de barils de brut, une manne qui attise les convoitises et rend l’intégrité territoriale du Guyana cruciale pour son avenir économique. Plus récemment, le 1er mars 2025, des navires des garde-côtes vénézuéliens auraient pénétré dans les eaux guyanaises, s’approchant d’un navire de production d’ExxonMobil dans la zone disputée.
Face à ces provocations, le président guyanais Irfaan Ali, réélu en septembre 2025, a réaffirmé avec fermeté que le territoire de l’Essequibo « n’est pas sujet à discussion ». Compte tenu de la modestie de ses forces de défense (moins de 5 000 hommes), Georgetown a activement cherché à renforcer ses liens avec Washington. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a récemment rencontré le président Ali et a lancé un avertissement sévère au Venezuela, stipulant que toute agression envers le Guyana entraînerait des « conséquences ».
Cette confrontation accrue constitue un test majeur pour la sécurité nationale du Guyana et pour l’influence américaine en Amérique latine. Le déploiement de navires de guerre américains au large des côtes vénézuéliennes, sous l’administration Trump, avait déjà suscité des réactions diverses. Le Premier ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, avait alors exprimé son soutien à la défense du Guyana par les États-Unis face au Venezuela.
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