Publié le 13 février 2026 à 09h19. Une nouvelle étude révèle que le temps d’écran des tout-petits ne réduit pas nécessairement leur vocabulaire, mais modifie la nature des mots qu’ils apprennent, privilégiant les termes liés aux personnes et aux objets du quotidien.
- Les enfants exposés à beaucoup d’écrans connaissent moins de mots désignant les parties du corps.
- Ils ont en revanche un vocabulaire plus riche en termes relatifs aux personnes et au mobilier.
- En moyenne, les enfants de moins de deux ans passent près de deux heures par jour devant un écran.
Les écrans sont devenus omniprésents dans la vie des jeunes enfants. Selon les estimations, de nombreux bambins de moins de deux ans passent environ deux heures par jour devant la télévision ou des vidéos. Si des recherches antérieures suggéraient qu’une exposition importante à des contenus de faible qualité pouvait nuire au développement du vocabulaire, une nouvelle étude de l’université Southern Methodist University nuance cette affirmation.
L’étude, menée auprès de parents d’enfants âgés de 17 à 30 mois – une période cruciale pour l’acquisition du langage – a révélé que le temps d’écran n’affecte pas le vocabulaire global des enfants de manière négative. Cependant, il influe sur les types de mots qu’ils apprennent. Les chercheurs ont constaté que les enfants qui passent beaucoup de temps devant un écran connaissent moins de mots pour désigner les parties du corps, comme « nez » ou « oreilles ».
« Il est indéniable que l’utilisation des médias numériques par les jeunes enfants a augmenté ces dernières années, et de plus en plus de preuves suggèrent que cela affecte leur développement du langage, en particulier pendant les premières années de la vie. »
Sarah C. Kucker, chercheuse
En revanche, ils ont un vocabulaire plus étendu en ce qui concerne les personnes (noms, termes comme « grand-mère » ou « bébé ») et les objets présents dans la maison (canapé, télévision, cuisine). « Même si nous nous attendions à ce que les enfants ayant un usage intensif des médias aient moins de mots pour les parties du corps dans leur vocabulaire, nous avons été surpris de constater qu’ils connaissaient relativement plus de mots pour les personnes et les meubles », explique Sarah C. Kucker.
L’étude n’a pas révélé de lien significatif entre le temps d’écran et l’apprentissage de mots relatifs aux animaux, aux jouets ou à la nourriture, ni en fonction de la nature concrète ou abstraite des mots. Sarah C. Kucker insiste sur la nécessité d’une approche nuancée : « La plupart des parents ont entendu le conseil d’éviter le temps d’écran avec de jeunes enfants. Mais dans le monde technologique d’aujourd’hui, il est très difficile de le faire à 100 %. »
Elle recommande donc de limiter le temps d’écran, sans pour autant céder à la panique. Le contenu et le contexte sont primordiaux. Les programmes éducatifs ou le visionnage en famille peuvent atténuer les effets négatifs, à condition que l’enfant ait également suffisamment de temps pour jouer et interagir socialement. Pour en savoir plus sur le développement du langage chez les enfants, vous pouvez consulter cet article.
Les résultats de cette recherche sont disponibles ici.