Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, est de plus en plus critiqué pour sa politique jugée hostile aux travailleurs et aux immigrés, alors qu’il cherche à consolider son pouvoir et à obtenir le soutien de certains syndicats. Cette stratégie, dénoncée par de nombreux militants, soulève des questions sur l’avenir du mouvement ouvrier dans l’État.
Depuis son élection en 2017, Greg Abbott a mis en œuvre une série de mesures visant à affaiblir les droits des travailleurs et à restreindre les libertés civiles. En 2023, il a promulgué la loi HB 2127, surnommée la loi de « l’étoile de la mort », qui supprime la capacité des villes et des comtés à adopter des réglementations plus strictes que celles de l’État. Cette loi a notamment abrogé des ordonnances locales, comme celles d’Austin et de Dallas, qui garantissaient des pauses aux ouvriers du bâtiment.
Par ailleurs, M. Abbott s’est fermement opposé aux efforts de syndicalisation, notamment en soutenant publiquement, en 2024, une déclaration condamnant la campagne du Syndicat uni des travailleurs de l’automobile (UAW) visant à organiser le sud des États-Unis. Cette prise de position intervient après les succès récents de l’UAW dans la syndicalisation de l’usine Volkswagen de Chattanooga, dans le Tennessee.
Au-delà de sa politique anti-syndicale, le gouverneur Abbott a déployé des ressources considérables – plus de 3 milliards de dollars – pour renforcer la sécurité à la frontière et harceler les immigrés. L’adoption du projet de loi sénatorial 4 (SB4), qui criminalise « l’immigration illégale », le transport en bus d’immigrés vers des villes comme Chicago, Washington DC et New York, et l’installation de barbelés le long du Rio Grande sont autant de mesures controversées qui ont suscité de vives critiques.
La décision de certains responsables des Teamsters du Texas, notamment les Conseils conjoints 80 et 58, de soutenir Greg Abbott a provoqué une levée de boucliers au sein du syndicat. De nombreux membres estiment que cette alliance contredit les valeurs fondamentales du mouvement ouvrier et trahit les intérêts des travailleurs, en particulier des immigrés, qui sont souvent les plus vulnérables.
Des dirigeants syndicaux d’autres États, comme la Californie et New York, ont pris des positions plus fermes en faveur de la protection des travailleurs immigrés et en s’opposant aux raids de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement). Certains syndicats locaux, tels que SEIU 26, Minnesota AFL CIO, ATU 1005 et UFCW 663, ont également publié des déclarations condamnant les actions de l’ICE et exigeant des protections pour les immigrés.
Les critiques soulignent que le mouvement ouvrier ne peut progresser en s’alliant à des personnalités politiques qui méprisent ses valeurs et qui cherchent à diviser les travailleurs. Ils appellent à une mobilisation de base pour défendre les droits des travailleurs et lutter contre les forces réactionnaires représentées par Greg Abbott.
« Nous ne pouvons pas construire le pouvoir en permettant aux syndicats de devenir un terrain fertile pour les intérêts particuliers de ceux qui collaborent avec des gens dont les intérêts sont orientés vers la destruction de la classe ouvrière », affirment les défenseurs d’une ligne plus combative.
Ils plaident pour une revendication positive, telle que la légalisation pour tous, et pour une pression accrue sur les politiciens afin de faire de cette demande une réalité. L’avenir du mouvement ouvrier au Texas dépendra, selon eux, de sa capacité à se réapproprier sa mission première : défendre les intérêts de tous les travailleurs, sans distinction.