Publié le 09 octobre 2025. Le secteur de la construction connaît un net ralentissement, avec une baisse significative des mises en chantier entre janvier et août 2025. Cette contraction, la plus marquée depuis la crise financière de 2009, affecte particulièrement le logement et l’industrie.
- La surface totale des mises en chantier a chuté de 17,0 % sur les huit premiers mois de l’année, atteignant un niveau inédit depuis 2009.
- La construction résidentielle est en repli de 30,6 %, impactée par la baisse des ventes de logements, l’augmentation des coûts et l’incertitude politique.
- Les chantiers non résidentiels reculent également de 8,6 %, plombés par le secteur industriel et les incertitudes liées aux politiques commerciales internationales.
L’Institut coréen de recherche sur l’industrie de la construction a révélé des chiffres préoccupants pour le secteur du bâtiment. De janvier à août 2025, la surface de départ de chantier s’est établie à 50,43 millions de mètres carrés, soit une diminution de 17,0 % par rapport à la même période en 2024. Ce niveau n’avait pas été aussi bas depuis 2009, année marquée par le choc de la crise financière mondiale qui avait alors ralenti l’économie globale.
Après une contraction durant les premiers mois de l’année, le mois de juin avait montré un léger rebond (+0,6 %), suivi d’une hausse plus franche en juillet (+16,5 %). Cependant, le mois d’août a marqué un coup d’arrêt brutal avec une chute de 40,0 %, ramenant les indicateurs dans le rouge.
Logement en crise, industrie sous pression
La construction résidentielle est particulièrement touchée, avec une baisse de 30,6 % sur la période, soit 16,03 millions de mètres carrés de mises en chantier. Là encore, il faut remonter à 2009 pour trouver un niveau aussi bas (11,93 millions de m²). L’Institut attribue ce marasme à une combinaison de facteurs : la diminution des ventes d’appartements, l’augmentation des coûts de construction, une rentabilité en berne et une instabilité de l’environnement politique et du marché.
Dans le segment non résidentiel, la baisse est moins prononcée mais reste significative : 34,4 millions de m² ont été mis en chantier, soit une diminution de 8,6 %. L’activité industrielle a reculé de 11,6 % et les autres types de constructions de 21,6 %. Le secteur industriel atteint son plus bas niveau depuis 2009, avec 6,52 millions de m², pénalisé par les incertitudes entourant les politiques tarifaires et une baisse des investissements dans les installations de production, dans un contexte de restructuration de l’industrie pétrochimique.
Inégalités régionales marquées
La situation varie selon les régions. Dans la zone métropolitaine (Séoul, Incheon, Gyeonggi), les mises en chantier ont diminué de 10,2 % pour atteindre 27,7 millions de m². La construction résidentielle y est en fort repli (-29,1 %), avec des chutes spectaculaires à Séoul (-42,5 %) et Incheon (-71,4 %), tandis que la province de Gyeonggi enregistre une baisse de 11,5 %.
En dehors de la zone métropolitaine, la baisse est encore plus marquée, s’établissant à 23,8 %. Seule la province du Chungcheong du Nord fait exception. Les constructions résidentielles ont chuté de 32,6 % (6,93 millions de m²) et les constructions non résidentielles de 19,4 % (15,8 millions de m²).
Perspectives moroses et appels à l’action
Face à ce constat, l’Institut de recherche sur l’industrie de la construction anticipe une période de stagnation prolongée pour les investissements dans le bâtiment. Il souligne que la situation actuelle des chantiers locaux est la plus difficile depuis 2009 et appelle à un renforcement des finances publiques ainsi qu’à l’attraction de projets stratégiques d’avenir pour les régions.
« Au lieu de simplement stimuler temporairement l’économie de la construction, nous devons poursuivre des projets stratégiques futurs qui peuvent jeter les bases d’une croissance à moyen et long terme en utilisant l’expansion de la construction publique comme tremplin. »
Park Cheol-han, chercheur à l’Institut coréen d’ingénierie et de construction de la construction
Le journaliste Hong Jae-young a couvert cette information pour Money Today.