Home Accueil Les voisins australiens au bord d’un désastre de 7,5 milliards de dollars : « ça va empirer »

Les voisins australiens au bord d’un désastre de 7,5 milliards de dollars : « ça va empirer »

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Publié le 2025-11-04 19:00:00. Le réchauffement des océans menace la pêche au thon, pilier économique de nombreuses nations insulaires du Pacifique. Une étude alerte sur les migrations d’espèces migratrices vers des eaux plus froides, remettant en cause les quotas et la coopération internationale.

  • Les consommateurs australiens, friands de fruits de mer (350 000 à 400 000 tonnes par an), ignorent largement l’impact du changement climatique sur leurs approvisionnements.
  • Les petits États insulaires du Pacifique, dont l’économie dépend fortement de la pêche au thon (estimée à 4,9 milliards de dollars par an dans le Pacifique Centre-Ouest), sont les plus vulnérables.
  • Le Marine Stewardship Council (MSC) appelle à une révision des quotas de pêche et à une coopération accrue entre les nations pour adapter la gestion des ressources marines.

Le thon, espèce migratoire par excellence, voit ses routes traditionnelles bouleversées par le réchauffement des océans. Selon une étude menée par le Marine Stewardship Council (MSC), ces poissons tendent à se réfugier dans des eaux plus fraîches, un phénomène qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les économies insulaires du Pacifique, dont beaucoup dépendent de cette ressource. En Australie, la majorité du thon consommé est transformé en Thaïlande, rendant le problème moins visible pour le consommateur local, mais la situation est critique pour les fournisseurs de ces nations voisines.

Rosemarie Palu, qui dirige des opérations de pêche à la palangre à Tonga, constate une diminution notable des stocks de thon. « Les recherches montrent que les poissons quittent les eaux tonganes », explique-t-elle à Yahoo News. Si elle et son mari Eddie Palu anticipent une décennie encore profitable, leurs inquiétudes s’intensifient quant à l’avenir à plus long terme. « L’industrie du thon dans le Pacifique sera en très mauvaise posture d’ici 20 à 30 ans à cause du changement climatique », estime Eddie. Les distances parcourues pour atteindre les bancs de thon s’allongent, augmentant les coûts de carburant et affectant directement leurs revenus. La migration du thon vers l’est, en direction de l’Amérique du Sud, pose un défi majeur pour toutes les îles du Pacifique.

Historiquement, les fluctuations des stocks de thon ont déjà été observées, notamment sous l’influence des phénomènes El Niño et La Niña. Bill Holden, responsable mondial du thon au MSC et ancien pêcheur à Tonga, se souvient des variations liées à ces cycles climatiques intenses. Désormais, le changement climatique accentue cette variabilité, rendant la gestion des ressources plus complexe. Le rapport du MSC souligne que le déplacement des poissons vers de nouvelles juridictions rend les accords de quotas actuels « obsolètes » et risque d’exacerber les tensions entre les pays en développement du Pacifique. Joe Zelasney, directeur du Common Oceans Tuna Project, insiste sur la nécessité d’une collaboration urgente entre gouvernements et organisations régionales pour « sauvegarder les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire ».

Face à cette nouvelle donne, Lauren Koerner, scientifique des données au MSC et autrice principale de l’étude, appelle à adapter nos cadres de gestion : « Le changement climatique redessine la carte de la mer. Si nous voulons un thon durable pour les générations futures, nous devons également redessiner nos limites de gestion. » La recherche, publiée dans la revue Cell Reports Sustainability, est le fruit d’une collaboration entre le MSC et plusieurs universités australiennes, dont celles du Queensland, de Nouvelle-Galles du Sud, de Tasmanie, l’Université Griffith et le CSIRO.

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