Publié le 4 novembre 2025, 18h19. La Commission des monopoles, organe consultatif du gouvernement fédéral, tire la sonnette d’alarme : le développement de l’électromobilité, pourtant crucial pour la transition énergétique, est freiné par des prix de recharge excessifs aux bornes publiques. Un manque de concurrence et de transparence pénaliserait les automobilistes et compromettrait l’essor des véhicules électriques.
- Des prix de recharge jugés trop élevés à cause d’une concurrence insuffisante entre les opérateurs de bornes.
- Une mauvaise répartition de l’espace et un manque de transparence tarifaire pénalisent les conducteurs de véhicules électriques.
- Des recommandations visent à renforcer la concurrence via des appels d’offres et à améliorer la transparence des prix.
Dans un rapport récent, la Commission des monopoles pointe du doigt les obstacles qui entravent le plein potentiel de l’électromobilité. Selon l’organisme, le manque de concurrence entre les fournisseurs de bornes de recharge, couplé à une attribution peu optimale des emplacements et à une opacité des tarifs, conduit de nombreux conducteurs à payer un surcoût pour recharger leur véhicule. Cette situation, estime la Commission, met à mal l’un des leviers essentiels de la transition écologique dans le secteur des transports.
Bien que la Commission salue les avancées vers un organisme de transparence des prix pour les recharges ponctuelles et l’encouragement de la concurrence par le biais d’appels d’offres pour les terrains municipaux, elle souligne que l’infrastructure de recharge s’est certes considérablement développée ces dernières années. Cependant, le déploiement des concessions par les municipalités conduit souvent à l’absence d’une véritable concurrence entre les bornes disponibles.
Le secteur automobile partage cette préoccupation. L’Association de l’industrie automobile (VDA) a également critiqué à plusieurs reprises les tarifs jugés prohibitifs pour la recharge des voitures électriques. Dans un document de septembre, l’association rappelait que l’électromobilité doit offrir un avantage net en termes de coûts dans le bilan global par rapport aux véhicules à combustion. « Une réduction du prix de recharge de l’électricité grâce à une concurrence accrue et à des avancées technologiques, ainsi qu’à une diminution des taxes et des droits, est d’une importance capitale », insiste le VDA.
Selon une analyse du VDA datant de mars, la recharge publique coûte en moyenne entre 0,60 € et 0,90 € par kilowattheure, soit deux à trois fois plus cher que la recharge à domicile. Des disparités considérables peuvent même exister entre les bornes publiques elles-mêmes, selon leur localisation, le fournisseur et le type de tarif appliqué.