La superstar espagnole Rosalía a dévoilé vendredi son très attendu quatrième album, Lux, une œuvre d’une profondeur spirituelle et d’une audace artistique qui marque une évolution audacieuse par rapport à ses travaux précédents.
Après le succès retentissant d’El Mal Querer, qui avait brillamment fusionné le flamenco et le R&B, et de son audacieux Motomami, Rosalía nous invite ici dans une méditation orchestrale sur la foi et la féminité. Le titre, Lux, emprunté au latin pour signifier « lumière », reflète la richesse linguistique de l’album, composé de textes chantés dans treize langues différentes, incluant l’allemand, l’anglais et le sicilien, en plus de son espagnol maternel.
« J’aime voyager, j’aime apprendre des autres humains », a confié l’artiste de 33 ans, déjà lauréate d’un Grammy, au New York Times. « Pourquoi n’essaierais-je pas d’apprendre une autre langue et de chanter dans une autre langue… ? Le monde est tellement connecté », a ajouté la Catalane.
Ce nouvel opus est marqué par des collaborations prestigieuses, notamment avec le London Symphony Orchestra, la chanteuse islandaise Björk, et la maîtrise des jeunes de l’abbaye de Montserrat, en Catalogne. Cette dernière expérience a particulièrement ému Rosalía aux larmes lors d’une récente visite.
« Ce sentiment spirituel a toujours été là, c’est juste que je ne l’ai pas rationalisé ni intellectualisé », a-t-elle précisé lors de l’entretien.
Réception critique et événements promotionnels
Les premiers échos de la critique sont dithyrambiques. Rolling Stone a salué Lux comme « une œuvre d’art véritablement intemporelle », tandis que le magazine musical NME l’a qualifié de « d’une beauté saisissante ».
La sortie de l’album a été précédée d’une série d’apparitions promotionnelles marquantes. Le mois dernier, des centaines de fans s’étaient rassemblés sur la place centrale Callao à Madrid, suite à une invitation de l’artiste sur les réseaux sociaux. Vêtue de blanc et avec un chapelet accroché au rétroviseur de sa voiture, Rosalía avait tenté de traverser la ville, mais s’était retrouvée bloquée par la circulation. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux l’ont montrée quittant soudainement son véhicule, courant dans la rue sous les acclamations de ses fans.
Ceux qui espéraient un concert surprise ont eu droit à un bref aperçu de Rosalía saluant depuis la fenêtre d’un cinéma. Cet incident a largement fait les gros titres en Espagne, et la mairie de Madrid a indiqué examiner la pertinence d’une amende pour organisation d’un événement non autorisé sur l’espace public.
Mercredi soir, Rosalía a offert une facette plus apaisée lors d’une soirée d’écoute au Musée d’Art Contemporain de Barcelone. Allongée en silence sur une scène drapée de tissus blancs, elle a laissé les paysages sonores éthérés de l’album imprégner un public attentif.
Ernest Urtasun, ministre espagnol de la Culture, a rendu hommage à Rosalía, la qualifiant « d’un des plus grands talents musicaux de notre pays » dans une interview accordée jeudi à la radio Cadena Ser, soulignant son influence tant sur la scène nationale qu’internationale.
Rosalía devrait interpréter pour la première fois en public des extraits de Lux ce vendredi soir lors d’un gala radiophonique dans la ville de Valence, un événement qui suscite d’ores et déjà une vive attente médiatique.