Dans son dernier discours sur l’état de l’Union, Donald Trump a tenu des propos troublants, accusant l’opposition démocrate de vouloir « tricher » pour gagner les élections et dénonçant une politique qu’il juge destructrice pour le pays. Cette rhétorique, loin d’être un simple affront partisan, révèle une vision du pouvoir où l’adversaire n’est pas un rival politique, mais un ennemi à éliminer.
L’attaque la plus significative est intervenue lors d’une discussion sur le SAVE Act (Safeguard American Voter Eligibility Act), un projet de loi républicain visant à renforcer les exigences en matière d’identification et de preuve de citoyenneté pour les électeurs. Trump a affirmé que l’opposition à ce texte par les démocrates ne pouvait s’expliquer que par une volonté de fraude.
« Leur politique est si mauvaise que la seule façon pour eux de se faire élire est de tricher », a déclaré le président mardi soir. « Nous allons l’arrêter. Nous devons l’arrêter. »
Cette accusation, selon laquelle une victoire démocrate ne pourrait être obtenue qu’au prix d’une manipulation, est au cœur de la pensée de Donald Trump. Il avait déjà contesté les résultats de l’élection de 2020, affirmant sans preuve qu’elle lui avait été volée, ce qui avait conduit à l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021.
Lors de son discours, Trump a même laissé entendre que son mandat aurait dû être prolongé, déclarant : « Cela devrait être mon troisième mandat, mais des choses étranges se produisent. »
Cette rhétorique tranche radicalement avec la tradition politique américaine, où les présidents s’en prennent aux idées de leurs adversaires, mais les considèrent comme des partenaires dans le projet démocratique. Trump, en revanche, considère les démocrates comme des ennemis, un concept emprunté au théoricien allemand Carl Schmitt, qui opposait la communauté des « amis » à celle des « ennemis ».
« Ces gens sont fous. Je vous le dis, ils sont fous. Bon sang, nous avons de la chance d’avoir un pays avec des gens comme celui-là », a-t-il ajouté, dépeignant les démocrates comme une menace pour l’Amérique.
Le SAVE Act, adopté par la Chambre des représentants le 11 février 2026 par 218 voix contre 213, avec le soutien d’un seul démocrate, exige la présentation de documents prouvant la citoyenneté américaine lors de l’inscription sur les listes électorales. Les documents acceptables incluent un passeport américain valide ou une carte d’identité Real ID indiquant la citoyenneté.
Bien que Trump ait présenté ce projet de loi comme une mesure de protection de l’intégrité électorale, ses détracteurs craignent qu’il ne conduise à une diminution de la participation électorale, en particulier chez les populations à faible revenu qui pourraient avoir des difficultés à obtenir les documents requis.