Publié le 7 février 2026 à 01h14. Un attentat suicide revendiqué par l’État islamique a frappé une mosquée chiite à Islamabad, au Pakistan, faisant au moins 31 morts et 169 blessés, dans l’attaque la plus meurtrière de la capitale depuis 2008.
- Au moins 31 personnes ont été tuées et 169 blessées dans l’attentat suicide.
- L’attaque a été revendiquée par l’État islamique (EI).
- Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière à Islamabad depuis celle de l’hôtel Marriott en 2008.
L’attentat s’est produit vendredi lors de la prière hebdomadaire à la mosquée Imam Bargah Qasr-e-Khadijatul Kubra, située dans le quartier de Tarlai, à la périphérie d’Islamabad. Selon les premières informations, l’assaillant a été intercepté à l’entrée du lieu de culte et a déclenché ses explosifs à cet endroit. L’EI a affirmé, via son groupe de renseignement SITE, qu’un de ses combattants avait utilisé un gilet explosif pour cibler la congrégation, causant un nombre élevé de victimes.
Des témoins oculaires ont décrit une scène chaotique. Muhammad Kazim, 52 ans, a raconté qu’une « explosion extrêmement puissante » a secoué le bâtiment au début de la prière. Il a précisé que des coups de feu avaient été entendus juste avant la détonation, alors que les fidèles étaient encore accroupis. Un autre participant, Imran Mahmood, a évoqué une brève fusillade entre l’agresseur, un possible complice et des agents de sécurité bénévoles. Selon ses dires, l’un des volontaires aurait touché l’assaillant à la cuisse avant que celui-ci n’actionne ses explosifs.
Le Premier ministre Shehbaz Sharif a promis de traquer et de traduire en justice les responsables de cette attaque. Le vice-Premier ministre Ishaq Dar a dénoncé un « crime odieux contre l’humanité et une violation flagrante des principes islamiques ».
Les services de secours ont afflué à l’Institut pakistanais des sciences médicales, où des victimes, dont des enfants, ont été transportées sur des brancards, dans des voitures particulières et même dans les coffres de véhicules. Les proches des blessés, rassemblés dans la zone d’urgence sécurisée, exprimaient leur désespoir.
Sur les lieux de l’explosion, les forces de sécurité ont bouclé le périmètre. Des mares de sang, des chaussures, des vêtements et des débris de verre jonchaient le sol. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, dont l’authenticité n’a pas été immédiatement confirmée, montraient des corps près de l’entrée principale et des débris éparpillés dans la salle de prière.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé sa condamnation, soulignant que « les attaques contre des civils et des lieux de culte sont inacceptables ».
Cet attentat intervient dans un contexte de recrudescence de la violence insurrectionnelle dans les provinces du sud et du nord du Pakistan, frontalières avec l’Afghanistan. Bien que le Pakistan soit majoritairement sunnite, la minorité chiite – qui représente entre 10 % et 15 % de la population – a été la cible de nombreuses attaques dans la région. Le gouvernement pakistanais accuse des groupes séparatistes et des militants islamistes retranchés sur le territoire afghan de lancer des attaques, des accusations que le régime taliban afghan rejette systématiquement.
Ces derniers jours, des attaques au Baloutchistan, attribuées à des insurgés séparatistes, ont fait 36 morts parmi les civils et 22 membres des forces de sécurité, entraînant des opérations au cours desquelles les autorités ont annoncé la mort d’une centaine de militants.
(Avec informations de l’AFP)