Publié le 2025-11-06 08:01:00. Certains navetteurs irlandais jonglent avec trois modes de transport différents pour couvrir de longues distances chaque jour. Leur quotidien, entre études et travail, soulève des questions sur la faisabilité et le coût des longs trajets.
- Des trajets quotidiens de plus de deux heures, combinant voiture, train et vélo, sont le lot de plusieurs personnes en Irlande.
- Le coût du transport peut représenter une fraction significative du budget, mais reste inférieur au loyer dans certaines villes.
- La fatigue engendrée par ces trajets impacte l’équilibre vie professionnelle-vie privée et le bien-être général.
Pour certains, la contrainte géographique se double d’un choix économique. John Leahy, étudiant en planification et développement durable à l’University College Cork (UCC), parcourt près de 150 kilomètres depuis le nord du Tipperary. Son trajet matinal dure plus de deux heures, nécessitant une voiture jusqu’à la gare de Thurles, un train vers Cork, puis un vélo pour rejoindre le campus. « Le trajet lui-même est à la limite de la faisabilité », admet-il, « mais le fait que cela ressemble à un choix pour moi… le rend un peu plus supportable. » Il estime que ses dépenses de transport représentent environ 25 % de ce qu’il payait auparavant en loyer à Dublin.
James Howard, résidant dans le comté de Longford, fait le trajet vers son travail à l’Université technologique de Dublin trois jours par semaine, couvrant 115 kilomètres en plus de deux heures. Il combine voiture, train et Luas (tramway) ou vélo. Il déplore la lenteur et le manque de fiabilité du service ferroviaire, constatant que les retards sont fréquents, surtout en fin d’année. « La vitesse du train est ridiculement lente », affirme-t-il.
Le témoignage d’une mère célibataire du comté de Clare, qui souhaite rester anonyme, illustre une situation encore plus précaire. Elle parcourt environ 250 kilomètres aller-retour pour se rendre à Dublin, où elle travaille cinq jours par semaine. Son trajet quotidien dure 5 heures et 30 minutes, incluant une demi-heure de voiture jusqu’à Limerick, puis un train jusqu’à la gare de Heuston à Dublin. « Mon équilibre travail/vie personnelle n’est pas durable », confie-t-elle, ajoutant que les journées courtes avec les enfants sont limitées à une heure le soir.
À Dublin même, les changements de réseau de transport public peuvent allonger considérablement les temps de trajet. Seán Hewitt, habitant Chapelizod, voit son trajet vers le Trinity College plus que doubler, passant d’une demi-heure à une heure et 15 minutes. Il déplore la refonte des lignes de bus par BusConnects, qui ne laisse qu’une seule option de transport en commun pour sa zone. Il observe qu’il faut désormais deux à trois bus pour parcourir une distance de six kilomètres, qualifiant son trajet de « l’un des plus lents », avec une vitesse d’environ six kilomètres par heure.
Une jeune femme du comté de Meath, également anonyme, relate un trajet quotidien d’environ trois heures vers Dublin. Le vendredi, elle se sent épuisée par ce rythme, malgré des journées de travail de sept heures et demie. « Les déplacements domicile-travail sont ennuyeux, isolants et frustrants », témoigne-t-elle. « Des problèmes du premier monde, mais un problème néanmoins. Quand on mesure la vie sur des quais vides et des minutes perdues, il est difficile de toujours voir le bon côté des voies ferrées. »
« Le trajet lui-même est à la limite de la faisabilité, mais je pense que le fait que cela ressemble à un choix pour moi – même si en réalité il s’agissait d’un choix entre retourner aux études ou travailler pour joindre les deux bouts à Dublin – le rend un peu plus supportable. »
John Leahy, étudiant
« La principale raison pour laquelle cela prend autant de temps est que la vitesse du train est ridiculement lente. »
James Howard, navetteur
« Mon équilibre travail/vie personnelle n’est pas durable. »
Mère célibataire, anonyme
« Il n’y a peut-être pas le trajet le plus long d’Irlande, mais à une vitesse d’environ six kilomètres par heure, il pourrait bien être l’un des plus lents. »
Seán Hewitt, travailleur
« Les déplacements domicile-travail sont ennuyeux, isolants et ennuyeux. Des problèmes du premier monde, mais un problème néanmoins. Quand on mesure la vie sur des quais vides et des minutes perdues, il est difficile de toujours voir le bon côté des voies ferrées. »
Jeune femme, anonyme