Home Économie L’EUR/USD se maintient près de 1,19 alors que la faiblesse du dollar américain, et non la force de l’euro, entraîne le mouvement

L’EUR/USD se maintient près de 1,19 alors que la faiblesse du dollar américain, et non la force de l’euro, entraîne le mouvement

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L’euro continue de gagner du terrain face au dollar américain, porté par un affaiblissement de la devise américaine et des facteurs macroéconomiques favorables. La paire EUR/USD oscille autour de 1,19 $, avec un potentiel de hausse vers 1,20 $ à 1,2050 $ si les données économiques américaines à venir confirment un ralentissement de l’inflation.

La faiblesse actuelle du dollar est multifactorielle. L’indice du dollar américain (DXY) a atteint ses plus bas niveaux depuis début 2022, chutant sous les 97,00 et se stabilisant vers 96,90 $. Cette baisse est davantage attribuable à un dollar en recul qu’à une force intrinsèque de l’euro. Par ailleurs, des informations suggèrent que les banques chinoises ont reçu l’instruction de réduire leurs avoirs en bons du Trésor américain, signalant une diversification structurelle qui exerce une pression supplémentaire sur le dollar.

Le contexte politique international contribue également à cette dynamique. Au Japon, la victoire écrasante de Sanae Takaichi aux élections du 8 février a stimulé un afflux de capitaux vers les actions japonaises et le yen, réduisant l’attrait du dollar comme valeur refuge. De même, l’apaisement des tensions au Moyen-Orient, suite aux négociations entre les États-Unis et l’Iran à Mascate, qualifiées de « très bonnes », a incité les investisseurs à réduire leur exposition aux actifs refuges, dont le dollar.

Sur le front monétaire, les déclarations de Stephen Miran, gouverneur de la Réserve fédérale, ont semé le doute quant à la politique actuelle de la banque centrale américaine. Miran a publiquement estimé que la politique monétaire actuelle était « trop restrictive », évoquant la possibilité de baisses de taux allant jusqu’à 100 points de base d’ici 2026. Ces propos, venant d’un ancien conseiller économique de la Maison Blanche, alimentent les spéculations sur une orientation plus accommodante de la Fed et affaiblissent l’avantage traditionnel du dollar en termes de rendement.

Les marchés attendent désormais avec impatience la publication de plusieurs indicateurs économiques américains. Le rapport sur l’emploi non agricole, initialement retardé en raison de la fermeture partielle du gouvernement, sera publié mercredi. Les données préliminaires d’ADP font état de seulement 22 000 créations d’emplois dans le secteur privé en janvier, un chiffre décevant qui a déjà érodé la confiance dans la dynamique du marché du travail américain. Un consensus se dégage pour un gain modeste de 55 000 emplois. Un chiffre inférieur à cette prévision renforcerait les arguments de Miran et exercerait une pression supplémentaire sur le DXY, le poussant vers la fourchette de 96,34 à 95,00 $ et offrant ainsi à l’EUR/USD une marge de progression au-dessus de 1,1965 $.

La publication de l’indice des prix à la consommation (IPC) vendredi sera également déterminante. Une inflation plus faible que prévu validerait les anticipations de baisses de taux et maintiendrait le dollar sous pression, soutenant ainsi la hausse actuelle de l’EUR/USD au-dessus de 1,19 $. À l’inverse, un chiffre plus élevé pourrait inciter le marché à reconsidérer le calendrier des baisses de taux, permettant au DXY de tester à nouveau la résistance de 97,60 $ et ramenant la paire EUR/USD vers la zone de support de 1,1850 $ à 1,1830 $.

Sur le plan technique, le DXY tente de se stabiliser autour de 96,90 $ après une forte baisse par rapport à un sommet de 97,99 $. Les graphiques en données de 2 heures montrent de petits corps de bougies avec de longues mèches inférieures proches de 96,80 $, ce qui suggère que les acheteurs défendent cette zone. Le retracement de Fibonacci de 38,2 % à 96,83 $ constitue un pivot intrajournalier clé, tandis que les moyennes mobiles sur 50 et 100 périodes, autour de 97,30 $ et 97,60 $ respectivement, définissent un plafond de résistance. Une ligne de tendance ascendante établie fin janvier offre un soutien supplémentaire autour de 96,70 $.

Pour l’EUR/USD, cette configuration technique est favorable. Tant que le DXY reste au-dessus de 96,70 $ et rebondit vers 97,60 $, les gains de l’euro devraient être limités à la fourchette de 1,1965 $ à 1,2030 $, avec un risque de repli vers 1,1850 $. Cependant, une cassure nette à 96,70 $ puis à 96,34 $, en particulier si les données américaines sont décevantes, pourrait ouvrir la voie à une poussée décisive de l’EUR/USD au-dessus de 1,20 $ et vers un plus haut précédent de 1,2050 $.

La paire GBP/USD, qui se maintient au-dessus de 1,3630 $ malgré les incertitudes politiques au Royaume-Uni, confirme que les mouvements récents des principales devises sont principalement dictés par la dynamique du dollar, et non par des facteurs spécifiques à l’euro ou à la livre sterling.

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