Paris, le 12 juin 2024 – La pression s’intensifie sur la Russie. L’Union européenne et Donald Trump ont simultanément annoncé de nouvelles sanctions économiques majeures, ciblant le secteur pétrolier et gazier, dans un effort concerté pour contraindre Moscou à mettre fin à la guerre en Ukraine. Ces mesures interviennent alors que les attaques russes se poursuivent sur le territoire ukrainien, faisant de nouvelles victimes.
La détermination de l’UE à frapper l’économie russe se traduit par un accord visant à renforcer les restrictions sur les hydrocarbures, coupant ainsi une source de financement cruciale pour le Kremlin. Parallèlement, Donald Trump, visiblement excédé par l’absence de progrès dans les discussions avec Vladimir Poutine, a annoncé des sanctions qualifiées d' »énormes » contre deux poids lourds du secteur énergétique russe.
« Ce sont des sanctions énormes (…) Et nous espérons qu’elles ne dureront pas trop longtemps. Nous espérons qu’un terme sera mis à la guerre », a déclaré le président américain depuis le Bureau ovale, lors d’une rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Cette décision américaine fait écho à la position ukrainienne, dont l’ambassadrice aux États-Unis, Olga Stefanishyna, a salué l’annonce : « Cette décision s’aligne pleinement avec la position constante de l’Ukraine selon laquelle la paix ne peut être obtenue que par la force et en exerçant une pression maximale sur l’agresseur à l’aide de tous les outils internationaux disponibles ».
L’exaspération de Donald Trump face à l’inefficacité de ses échanges avec le président russe a été clairement exprimée, au lendemain du report d’une rencontre prévue à Budapest. « A chaque fois que je parle avec Vladimir, nous avons de bonnes conversations mais ensuite elles ne vont nulle part », a-t-il constaté. Peu avant ces déclarations, le ministre américain des Finances, Scott Bessent, avait précisé que les sanctions visaient spécifiquement les géants pétroliers russes Rosneft et Lukoil, « qui financent la machine de guerre du Kremlin », invoquant le « refus du président Poutine d’arrêter cette guerre insensée ».
Malgré cette fermeté, les États-Unis n’excluent pas un dialogue futur. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a assuré que Washington restait ouvert à une rencontre si elle offrait une opportunité de parvenir à la paix. « Nous serons toujours intéressés par un dialogue s’il existe une possibilité de parvenir à la paix », a-t-il déclaré à la presse.
Les nouvelles sanctions américaines, dont l’objectif est de tarir les ressources financières de la Russie pour soutenir son effort de guerre, découlent de ce que Washington perçoit comme « l’absence de volonté sérieuse de la Russie de s’engager dans un processus de paix afin de mettre fin à la guerre en Ukraine ». Le Trésor américain s’est d’ailleurs montré prêt à « aller plus loin si cela s’avérait nécessaire ».
Sur le front européen, l’adoption formelle des sanctions est prévue pour ce jeudi. Elles incluent notamment un arrêt complet des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe. De plus, des mesures additionnelles viseront la « flotte fantôme » de pétroliers utilisée par Moscou pour contourner les restrictions occidentales.
Dans ce contexte tendu, le président ukrainien Volodymyr Zelensky est attendu ce jeudi au sommet des dirigeants de l’Union européenne à Bruxelles, où les États membres doivent officialiser leur soutien financier pérenne à l’Ukraine. Par la suite, il se rendra à Londres pour une réunion de la « coalition des volontaires » vendredi.
Ces annonces interviennent après une nouvelle nuit d’attaques russes sur l’ensemble du territoire ukrainien, durant laquelle plus de 400 drones et une trentaine de missiles ont été déployés, causant sept morts. L’attaque d’une école maternelle à Kharkiv, qui a fait au moins un mort et dix blessés, a particulièrement suscité l’émotion.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a tenté de minimiser d’éventuelles tensions entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, soulignant que le président américain demeurait, selon lui, un acteur clé pour une « paix durable » en Ukraine, malgré son refus de livrer des missiles Tomahawk à Kiev. Donald Trump a justifié ce refus par la complexité de leur utilisation.
Mark Rutte a néanmoins exprimé sa conviction que la pression collective accrue sur Moscou pourrait « changer les calculs » de Vladimir Poutine et le pousser « à la table des négociations » en vue d’un cessez-le-feu. « J’en suis absolument convaincu, ce ne sera peut-être pas aujourd’hui ni demain, mais nous y arriverons », a-t-il affirmé.
Sur le plan de l’armement, le président ukrainien a annoncé ce mercredi, depuis la Suède, la signature d’une lettre d’intention pour l’acquisition de 100 à 150 avions de chasse Gripen de dernière génération.
À retenir
L’Union européenne et Donald Trump renforcent simultanément les sanctions contre le secteur énergétique russe.
Ces nouvelles mesures visent à contraindre Moscou à cesser la guerre en Ukraine.
Les attaques russes se poursuivent, avec de nouvelles victimes civiles.
Contexte
Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa phase prolongée, les soutiens internationaux à Kiev maintiennent la pression économique sur la Russie. Les sanctions visent à limiter les revenus du Kremlin, notamment ceux issus de la vente de pétrole et de gaz.
Ce qui change
L’UE s’apprête à finaliser un embargo sur le GNL russe et à renforcer les mesures contre les contournements de sanctions. Les États-Unis ciblent directement des entreprises majeures du secteur.
Prochaines étapes
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky participera au sommet européen à Bruxelles, où le soutien financier à l’Ukraine sera officialisé. Il se rendra ensuite à Londres pour une réunion internationale.
Chiffres clés
Attaques russes : plus de 400 drones et une trentaine de missiles lors de la nuit précédant les annonces.
Victimes civiles : au moins 7 morts lors de ces attaques.
Avions de chasse : l’Ukraine envisage l’achat de 100 à 150 appareils Gripen suédois.