Publié le 2025-10-27 10:35:00. L’Agence spatiale européenne (ESA) a simulé la plus extrême des tempêtes solaires jamais imaginée, afin de tester la résilience de ses satellites et de ses équipes face à un scénario catastrophe, potentiellement dévastateur pour les technologies en orbite.
L’Agence spatiale européenne (ESA) a organisé une simulation d’une violence sans précédent, recréant la pire des tempêtes solaires imaginables. L’objectif : évaluer la résistance de ses infrastructures spatiales et la réaction de ses équipes opérationnelles face à un événement solaire d’une magnitude dépassant tout ce qui a été observé jusqu’à présent.
Cette opération, menée au centre de contrôle de mission de l’ESA à Darmstadt, en Allemagne, visait à anticiper les conséquences d’un scénario où des tempêtes solaires extrêmes pourraient endommager gravement l’ensemble des engins spatiaux en orbite. La simulation s’est appuyée sur un scénario hypothétique bien plus puissant que l’événement de Carrington de 1859, qui reste à ce jour la plus intense tempête géomagnétique enregistrée.
Parmi les systèmes testés, la mission Sentinel-1D, un satellite d’observation de la Terre équipé d’instruments radar de haute précision, était particulièrement ciblée. Son lancement est prévu pour novembre prochain, et cette simulation a permis d’évaluer son niveau de préparation opérationnelle.
« Il n’y a pas de solution miracle » si un événement d’une telle ampleur venait à se produire. Cependant, notre priorité est d’« assurer la sécurité du satellite et de minimiser les dommages autant que possible ».
Thomas Ormston, directeur adjoint des opérations du vaisseau spatial Sentinel-1D
La simulation a dépeint un enchaînement de trois menaces solaires consécutives. Elle a débuté par une éruption solaire de classe X, dont le rayonnement a immédiatement perturbé les systèmes de communication et de suivi terrestres. Immédiatement après, un déluge de particules de haute énergie a frappé les satellites en orbite, causant des erreurs système, la corruption de données et des dommages matériels.
La troisième et dernière menace, survenue environ 15 heures plus tard, fut une éjection de masse coronale (CME) massive. Celle-ci a percuté le champ magnétique terrestre, provoquant un gonflement de la haute atmosphère. Cette augmentation de la densité atmosphérique a entraîné une augmentation jusqu’à 400% de la traînée subie par les satellites. Une conséquence directe de ce phénomène est l’intensification des collisions en orbite et, par conséquent, une réduction drastique de la durée de vie des engins spatiaux.