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L’exercice physique offre un soulagement limité des symptômes de l’arthrose, selon une analyse internationale

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Publié le 22 février 2026. Une nouvelle étude internationale remet en question l’efficacité de l’exercice physique comme traitement de première intention contre l’arthrose, soulignant des bénéfices modestes et de courte durée sur la douleur et la fonction.

  • Selon une recherche menée par des scientifiques européens, l’exercice physique n’apporte qu’un soulagement léger et temporaire des symptômes de l’arthrose.
  • L’étude, portant sur plus de 12 000 participants, compare l’exercice à d’autres traitements, notamment les médicaments, la thérapie manuelle et la chirurgie.
  • Les auteurs soulignent la nécessité d’une approche plus personnalisée du traitement de l’arthrose, en identifiant les patients qui pourraient réellement bénéficier de l’exercice.

L’arthrose, une maladie chronique touchant environ 10 millions de personnes en France, est souvent traitée par la pratique régulière d’une activité physique. Cependant, une vaste étude internationale, coordonnée par l’Université des sciences appliquées de Bochum et l’Hôpital universitaire de Copenhague, nuance cette recommandation. Les résultats, publiés dans la revue RMD Open, suggèrent que les bénéfices de l’exercice sur la douleur et la fonction physique sont plus faibles qu’on ne le pensait.

L’étude a analysé les données de 8 631 participants issus de cinq revues systématiques précédentes et de 4 360 patients ayant participé à 28 essais cliniques randomisés. Les patients souffraient d’arthrose du genou, de la hanche, de la main ou de la cheville. L’analyse, qui a pris en compte les publications jusqu’en novembre 2025, a comparé l’exercice physique à un placebo, à l’absence de traitement, ainsi qu’à diverses alternatives thérapeutiques, incluant des interventions pharmacologiques et chirurgicales.

Les résultats indiquent que l’exercice physique procure un soulagement discret et de courte durée de la douleur dans l’arthrose du genou, mais avec un niveau de confiance des preuves jugé très faible. Les essais cliniques de plus grande envergure ou avec une durée de suivi plus longue ont même révélé des bénéfices encore plus réduits. Dans le cas de l’arthrose de la hanche, l’effet de l’exercice était quasiment insignifiant, tandis que pour l’arthrose de la main, les bénéfices étaient considérés comme minimes.

L’étude a également comparé l’exercice à d’autres approches courantes, telles que l’éducation thérapeutique, la thérapie manuelle, l’utilisation d’analgésiques, les injections de corticoïdes ou d’acide hyaluronique, et l’arthroscopie. Les résultats de ces alternatives étaient similaires à ceux obtenus avec l’exercice physique. Certaines interventions chirurgicales, comme l’ostéotomie (chirurgie de remodelage osseux) ou l’arthroplastie (pose d’une prothèse articulaire), ont démontré une efficacité à long terme supérieure à celle de l’exercice, en particulier chez les patients présentant un état avancé de la maladie.

Les auteurs de l’étude soulignent que leurs résultats remettent en question la promotion universelle de la thérapie par l’exercice comme première option thérapeutique pour tous les patients souffrant d’arthrose. Ils préconisent une approche plus personnalisée, visant à identifier les sous-groupes de patients qui pourraient réellement bénéficier de l’exercice et à déterminer les modalités, intensités ou combinaisons avec d’autres thérapies les plus efficaces. Comme le soulignent les chercheurs :

« Nos résultats remettent en question la promotion universelle de la thérapie par l’exercice comme seule première option pour traiter la douleur et la fonction physique chez tous les patients souffrant d’arthrose. »

Bien que l’efficacité de l’exercice physique pour contrôler la douleur et améliorer la fonction soit limitée, les spécialistes rappellent que l’activité physique présente d’autres avantages importants, tels qu’un profil de sécurité favorable, un faible coût et la possibilité d’adapter l’intervention aux préférences et aux conditions de chaque patient. La décision d’inclure l’exercice dans la prise en charge de l’arthrose doit donc être prise en concertation entre le médecin et le patient, en tenant compte de leur situation individuelle.

L’étude coordonnée par l’Université des Sciences Appliquées de Bochum et l’Hôpital Universitaire de Copenhague invite à reconsidérer les recommandations actuelles concernant l’exercice physique dans le traitement de l’arthrose et à explorer des modèles thérapeutiques plus adaptés à chaque patient.

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