Publié le 12 février 2026 08h27. Symbole d’amour et d’identité irlandaise, la bague de Claddagh, dont l’exemplaire le plus ancien vient d’être exposé au musée de Galway, révèle l’histoire fascinante de son créateur, l’orfèvre Richard Joyce.
- La plus ancienne bague de Claddagh connue, datant d’environ 1700, est désormais exposée au musée de la ville de Galway.
- Richard Joyce, l’orfèvre à qui l’on attribue la conception de la bague, a vécu une vie extraordinaire, marquée par la captivité et l’apprentissage auprès d’un orfèvre turc.
- La bague de Claddagh, avec ses symboles d’amour, de fidélité et d’amitié, continue d’inspirer les créateurs contemporains et de représenter un héritage culturel fort.
La bague de Claddagh, reconnaissable à son cœur couronné encadré par deux mains, est bien plus qu’un simple bijou. Elle est un emblème profondément ancré dans l’identité irlandaise, porteur d’une histoire riche en folklore et en légendes. L’exemplaire le plus ancien de cette bague iconique est désormais accessible au public au musée de la ville de Galway, après avoir été acquis par l’institution ces dernières années.
Datant d’environ 1700, cette bague a été réalisée par Richard Joyce, un orfèvre local dont le parcours est aussi singulier que la bague qu’il a créée. Selon le directeur par intérim du musée, Adam Stoneman, il s’agit de « sans doute l’une des pièces les plus populaires de la collection », une source d’inspiration pour les bijoutiers actuels et un symbole vivant du patrimoine irlandais.
L’histoire de Richard Joyce est digne d’un roman. Capturé par des pirates algériens alors qu’il se rendait aux Antilles, il fut vendu à un riche orfèvre turc. Pendant de nombreuses années, Joyce travailla sous sa direction, apprenant les techniques de l’orfèvrerie. Finalement libéré, il refusa l’offre de son maître de l’épouser et de lui offrir des richesses, préférant retourner à Galway où il fonda son propre atelier et conçut la bague de Claddagh. Bien que l’histoire ne puisse être prouvée à 100 %, le musée de Galway souligne que les événements historiques de l’époque corroborent cette version des faits.
Le design de la bague de Claddagh est riche en symbolisme : le cœur représente l’amour, la couronne la fidélité et les mains l’amitié. Traditionnellement offerte comme gage d’affection, elle pouvait également servir de bague d’amitié. La manière dont elle est portée à l’annulaire indique la situation amoureuse de son porteur : tournée vers l’ongle avec le cœur vers l’intérieur pour les amoureux, ou avec le cœur vers l’extérieur pour les célibataires.
La bague tire son nom de Claddagh, un village situé près de Galway. On pensait qu’elle était transmise de mère en fille, mais la taille de certaines bagues anciennes suggère qu’elle pouvait également être portée par des hommes. La rareté des bagues originales témoigne de la valeur de l’or dans un pays historiquement pauvre.
La popularité de la bague de Claddagh ne se dément pas. Chaque année, le musée de Galway constate une affluence accrue autour de la Saint-Valentin (voir ici). Des personnalités telles que la reine Victoria, John F. Kennedy et Grace Kelly ont été vus portant ce symbole de l’héritage irlandais.
Aujourd’hui, des entreprises comme Dillon de Galway continuent de fabriquer la bague de Claddagh de manière traditionnelle. En 2025, la créatrice de bijoux irlandaise Martina Hamilton a lancé une nouvelle interprétation de ce « symbole intemporel d’amour, de loyauté et d’amitié ». L’avenir de la bague de Claddagh s’annonce prometteur, avec une nouvelle exposition consacrée à l’œuvre de Richard Joyce prévue au musée de Galway plus tard cette année.

La bague de Claddagh incarne la richesse du patrimoine irlandais en matière de design et d’artisanat, une source d’inspiration continue pour les créateurs contemporains dans les domaines de la bijouterie, du mobilier et de la mode.
« La bague de Claddagh représente une richesse du patrimoine irlandais en matière de design et d’artisanat sur lequel les designers d’aujourd’hui continuent de s’appuyer. »
À noter qu’une tentative de dépôt de brevet du mot « Claddagh » par une entreprise américaine dans les années 1980 avait suscité une vive controverse, menaçant les ventes de bagues de Claddagh (voir archive RTÉ).