L’Église catholique américaine connaît un remaniement stratégique à son sommet. La nomination de Ronald Hicks au poste d’archevêque de New York, combinée à une prise de position claire de plusieurs cardinaux américains sur des questions de politique internationale, témoigne d’un nouvel alignement des forces au sein de l’institution.
À retenir
- La nomination de Ronald Hicks à New York, un poste clé de l’Église américaine, surprend par son profil discret et son expérience passée en Amérique latine.
- Trois cardinaux américains – Tobin, Cupich et McElroy – ont récemment publié une déclaration affirmée sur des sujets tels que la paix, l’immigration et le climat, suggérant une divergence avec certaines positions du pape Léon.
- L’ascension rapide de Hicks et son profil similaire à celui du pape Léon laissent entrevoir une volonté de renforcer une ligne progressiste au sein de l’Église américaine.
Contexte
La récente déclaration commune de trois cardinaux américains, publiée sans passer par la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, a suscité l’attention. Cette démarche inhabituelle, venant des archevêques de Newark, Chicago et San Francisco, met en lumière une volonté d’intervenir directement sur la scène internationale. Le cardinal McElroy, expert en sciences politiques (titulaire d’un doctorat de Stanford), a joué un rôle central dans cette initiative.
Cette prise de position intervient alors que le pape Léon, bien que n’étant pas ouvertement opposé à l’ancien président américain Donald Trump, a adopté des positions progressistes sur des questions cruciales comme la paix, l’immigration, le climat et l’État de droit. Ses collègues américains semblent vouloir amplifier ce message.
L’arrivée imminente de Ronald Hicks à la tête de l’archidiocèse de New York, prévue vendredi lors d’une cérémonie à la cathédrale Saint-Patrick de Manhattan, vient compléter ce qui pourrait être qualifié d’« équipe américaine » du pape Léon. Hicks succède au cardinal Timothy Dolan, qui a atteint l’âge de 75 ans, l’âge nominal de la retraite.
Ce qui change
Ronald Hicks, né en 1967 dans la banlieue de Chicago, a suivi un parcours atypique. Après des études en séminaire et un séjour d’un an au Mexique, il a passé cinq ans au Salvador, où il a dirigé une organisation dédiée aux orphelins et aux enfants à risque, « Nuestros Pequeños Hermanos » (Nos petits frères et sœurs). Son expérience auprès des populations les plus vulnérables, notamment son admiration pour l’archevêque Óscar Romero – assassiné en 1980 et canonisé en 2018 pour son engagement en faveur de la justice et de la paix – a profondément marqué son parcours.
De retour à Chicago, Hicks a été vicaire général puis évêque aux côtés du cardinal Cupich, se distinguant par son efficacité discrète. Son profil rappelle celui du pape Léon, qui a lui-même passé la trentaine à travailler avec les pauvres au Pérou. Hicks est également engagé dans le ministère des prisons et a pris des mesures pour lutter contre l’urgence climatique, conformément à l’encyclique de 2015 du pape François sur la question.
La nomination de Hicks à New York, un poste historiquement considéré comme le plus important de l’Église américaine, est d’autant plus surprenante qu’il était initialement pressenti pour succéder au cardinal Cupich à Chicago. Cette décision reflète une volonté du pape Léon de s’entourer de clercs qui lui ressemblent, et qui se distinguent du style plus flamboyant de son prédécesseur, le cardinal Dolan.
Prochaines étapes
L’installation de Ronald Hicks à New York, vendredi, sera un moment clé pour observer la dynamique au sein de l’Église américaine. Il sera intéressant de suivre l’évolution de sa relation avec les cardinaux Tobin, Cupich et McElroy, et de voir comment il contribuera à façonner l’avenir de l’institution.
Chiffres clés
- 1980 : Année de l’assassinat de l’archevêque Óscar Romero.
- 2015 : Date de publication de l’encyclique du pape François sur le climat.
- 75 ans : Âge nominal de la retraite des cardinaux.
Sources
Déclaration commune des cardinaux Tobin, Cupich et McElroy.