Les hôpitaux de l’Ontario lancent un cri d’alarme : un milliard de dollars supplémentaires sont jugés indispensables pour faire face à une crise financière structurelle aggravée par l’inflation et la demande croissante de soins. L’Association des hôpitaux de l’Ontario (OHA) tire la sonnette d’alarme, soulignant que le déficit actuel n’est pas un problème passager mais un enjeu de longue date.
L’exercice budgétaire 2024-2025 s’est clôturé avec un déficit global de 360 millions de dollars pour les hôpitaux ontariens. Bien que ce chiffre soit inférieur aux 760 millions de dollars initialement anticipés, grâce à un apport financier gouvernemental supplémentaire, la pression reste considérable. Les établissements de santé ont démarré l’exercice 2025-2026 avec le poids du déficit précédent, auquel s’ajoutent les coûts d’exploitation non couverts jusqu’à présent. L’OHA estime ainsi qu’un apport d’un milliard de dollars est désormais nécessaire pour combler ce trou financier, une somme qui avoisine le plafond de 1,1 milliard de dollars de subventions hospitalières annoncées lors du budget de printemps.
Melissa Prokopy, vice-présidente de l’OHA chargée des politiques et de la défense des droits, a souligné que les hôpitaux sont confrontés à une double peine : des difficultés financières exacerbées par une augmentation des coûts due à l’inflation et une demande médicale croissante. « Même en optimisant au maximum nos opérations et en introduisant des technologies innovantes pour réduire la durée des séjours », a-t-elle précisé, « il y a une limite à la seule efficacité opérationnelle pour garantir la continuité des services. »
L’Ontario s’apprête à publier sa déclaration économique d’automne, et la question demeure de savoir si des fonds additionnels pour le secteur hospitalier y seront annoncés. La porte-parole du ministre de la Santé, Silvia Jones, a rappelé que le gouvernement s’efforce de fournir les outils nécessaires en collaboration avec des partenaires comme l’OHA, et a mentionné une augmentation de 4 % du budget hospitalier cette année, marquant une troisième année consécutive d’augmentation.
Cependant, l’OHA insiste sur la nécessité d’une vision à long terme. Melissa Prokopy a plaidé pour des plans d’envergure afin d’anticiper les besoins futurs, notamment ceux liés au vieillissement de la population et à la complexité croissante des traitements. Elle a réitéré que les problèmes actuels ne sont pas nouveaux mais résultent d’un cumul de défis structurels sur plusieurs années.
Lee Fairclough, porte-parole du parti critique en matière de santé et ancien directeur d’hôpital, a abondé dans ce sens, expliquant que les coûts de main-d’œuvre représentent la majeure partie des dépenses hospitalières, laissant peu de marge de manœuvre budgétaire. « Les seules options réalistes pour réduire les coûts seraient de diminuer la qualité des repas ou d’augmenter indéfiniment les frais de stationnement, ce qui reporte inévitablement la charge sur les patients », a-t-il déploré. Il a ajouté que les hôpitaux fonctionnaient déjà à leur capacité maximale et que des réductions de coûts drastiques n’étaient pas viables sans compromettre la qualité des soins.
À retenir
- L’Association des hôpitaux de l’Ontario estime à un milliard de dollars le besoin de financement supplémentaire pour la seule année à venir afin de couvrir l’inflation et l’augmentation de la demande de soins.
- Ce déficit est présenté comme un problème structurel accumulé sur plusieurs années, et non comme une difficulté passagère.
- Les hôpitaux soulignent que les possibilités d’optimisation des coûts sont limitées, les dépenses de personnel représentant une part prépondérante de leur budget.
Contexte
Les hôpitaux de l’Ontario ont déjà fait face à d’importantes contraintes financières ces dernières années. L’exercice 2024-2025 a vu un déficit se réduire à 360 millions de dollars, une amélioration par rapport aux prévisions initiales, mais toujours loin d’un équilibre financier stable. Cette situation place le secteur dans une position de vulnérabilité face aux défis économiques actuels.
Ce qui change
L’estimation d’un milliard de dollars supplémentaires met en évidence une aggravation significative des besoins financiers. Si cette demande n’est pas satisfaite, les hôpitaux pourraient être contraints de revoir à la baisse la qualité des services ou d’augmenter les frais pour les patients afin de couvrir leurs dépenses opérationnelles.
Prochaines étapes
L’attention se porte désormais sur la prochaine déclaration économique d’automne du gouvernement de l’Ontario, où l’on espère une annonce de financement supplémentaire. Les décisions prises dans les prochains mois seront cruciales pour la pérennité des services hospitaliers dans la province.
Chiffres clés
- 360 millions de dollars : Déficit global des hôpitaux ontariens pour l’exercice 2024-2025.
- 1 milliard de dollars : Montant supplémentaire jugé nécessaire par l’OHA pour l’exercice 2025-2026.
- 4 % : Augmentation du budget hospitalier pour l’exercice en cours, marquant une tendance positive mais jugée insuffisante par l’association.