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L’IA chinoise permet au télescope James Webb de détecter des galaxies plus faibles et plus lointaines

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Publié le 23 février 2026 19:51:00. Des chercheurs de l’université Tsinghua ont mis au point un modèle d’intelligence artificielle révolutionnaire capable de révéler des galaxies lointaines et d’améliorer considérablement notre compréhension de l’univers primordial.

Une équipe interdisciplinaire de l’université Tsinghua a développé un modèle d’IA baptisé ASTERIS (Astronomical Spatio-temporal Enhancement and Reconstruction for Image Synthesis), qui combine optique computationnelle et algorithmes d’intelligence artificielle. Cette avancée technologique permet d’extraire des signaux astronomiques extrêmement faibles et d’identifier des galaxies situées à plus de 13 milliards d’années-lumière de la Terre.

Selon les conclusions publiées dans la revue Science, ASTERIS a permis d’identifier plus de 160 galaxies candidates issues de la période du « Cosmic Dawn », soit entre 200 et 500 millions d’années après le Big Bang. Ce chiffre triple le nombre de découvertes réalisées grâce aux méthodes traditionnelles, selon Cai Zheng, professeur associé au département d’astronomie de Tsinghua et membre de l’équipe de recherche.

Le modèle ASTERIS s’appuie sur une technique de « réduction du bruit spatio-temporel auto-supervisée ». En appliquant cette technologie aux données du Télescope spatial James Webb, la couverture d’observation s’étend de la lumière visible (environ 500 nanomètres) jusqu’au moyen infrarouge (5 micromètres). Il augmente également la profondeur de détection d’une magnitude de 1,0, permettant au télescope de détecter des objets 2,5 fois plus faibles qu’auparavant.

Les chercheurs soulignent que cette IA peut décoder d’énormes volumes de données provenant de télescopes spatiaux et qu’elle est compatible avec diverses plateformes d’observation, ce qui lui confère le potentiel de devenir un outil universel pour l’amélioration des données de l’espace lointain.

Les techniques traditionnelles de réduction du bruit reposent sur l’empilement de plusieurs expositions, en supposant que les bruits sont uniformes ou corrélés. Or, en réalité, ces bruits varient à la fois dans le temps et dans l’espace. ASTERIS contourne ce problème en reconstruisant les images de l’espace lointain comme un volume spatio-temporel tridimensionnel. Grâce à un « mécanisme de réglage adaptatif photométrique », le modèle identifie les fluctuations subtiles du bruit et les distingue des signaux ultra-faibles provenant d’étoiles et de galaxies lointaines.

« Dans l’ensemble, je pense qu’il s’agit d’un travail extrêmement important avec un impact majeur sur toute l’astronomie. »

Évaluateur de la recherche

Selon Dai Qionghai, professeur du département d’automatisation de Tsinghua, les objets célestes faibles obscurcis par le bruit lumineux lors des observations astronomiques peuvent désormais être reconstruits avec une grande fidélité.

À l’avenir, les chercheurs espèrent que cette technologie sera intégrée aux télescopes de nouvelle génération afin de contribuer à résoudre les grandes énigmes scientifiques liées à l’énergie noire, à la matière noire, aux origines de l’univers et aux exoplanètes.

L’université Tsinghua, située à Pékin, est considérée comme l’une des institutions les plus prestigieuses de la République populaire de Chine. Fondée en 1911, elle a initialement servi d’école préparatoire pour les étudiants chinois souhaitant poursuivre leurs études aux États-Unis.

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