Publié le 9 février 2026 à 11h56. La récente dégringolade des marchés boursiers américains, déclenchée par l’arrivée de nouveaux outils d’intelligence artificielle capables d’automatiser des tâches complexes, met en lumière les risques liés à la disruption technologique et les investissements massifs nécessaires pour rester compétitif dans ce domaine.
- La sortie de nouveaux outils pour le chatbot Claude AI d’Anthropic a provoqué une chute des actions des entreprises de logiciels, en particulier celles du secteur du « logiciel en tant que service ».
- Les géants de la technologie, tels qu’Amazon, Alphabet, Meta, Microsoft et Oracle, prévoient d’investir plus de 670 milliards de dollars (plus de 2 % du PIB américain) dans l’IA cette année.
- Cette course à l’IA soulève des questions sur la durabilité des dépenses et les rendements potentiels pour les investisseurs.
Depuis le lancement de ChatGPT d’OpenAI il y a plus de trois ans, l’attention s’est concentrée sur le potentiel de l’intelligence artificielle, sans suffisamment d’attention portée aux conséquences pour ceux qui pourraient être affectés par cette transformation. Cette situation a commencé à changer la semaine dernière, avec une prise de conscience accrue des risques et des coûts associés à la révolution de l’IA.
La panique qui a saisi les marchés boursiers américains a été directement liée à la présentation de nouveaux outils pour Claude AI, développé par Anthropic. Ces outils sont conçus pour automatiser un large éventail de tâches dans divers secteurs, notamment les services juridiques et l’analyse de données. Cette annonce a immédiatement été perçue comme une menace existentielle pour les entreprises de logiciels, entraînant une forte baisse de leurs actions.
Les entreprises qui fournissent l’infrastructure nécessaire au développement de l’IA – les « salles des machines » – ont perdu près de 800 milliards de dollars (1,14 billion de dollars) de capitalisation boursière la semaine dernière. Cette chute a été exacerbée par l’annonce d’Amazon, qui prévoit des dépenses en capital d’environ 200 milliards de dollars cette année, avec un accent particulier sur les investissements dans l’IA. L’entreprise avait déjà dépensé 135 milliards de dollars l’année précédente.
Alphabet, la société mère de Google, prévoit d’investir 185 milliards de dollars, tandis que Meta (Facebook) vise 135 milliards de dollars, Microsoft plus de 100 milliards de dollars et Oracle 50 milliards de dollars. Au total, ces « hyperscalers » devraient dépenser plus de 670 milliards de dollars cette année, un montant qui représente plus de 2 % du produit intérieur brut américain.
Ce chiffre ne tient pas compte des dépenses des entreprises d’IA non cotées en bourse, telles qu’OpenAI, Anthropic et xAI, ni des nombreux autres acteurs qui fournissent des services et des capitaux pour soutenir le développement et le déploiement de l’IA.
Deux influences distinctes ont marqué les marchés la semaine dernière. La première est la prise de conscience soudaine que l’IA, en tant que force perturbatrice, pourrait réellement bouleverser des industries entières, réduisant potentiellement leurs revenus et leur valeur. La seconde est la réaction à la prise de conscience croissante du fait que la course à la domination de l’IA devient extrêmement coûteuse, soulevant des questions sur sa viabilité à long terme.
La sortie des plug-ins d’Anthropic a démontré le potentiel de l’IA à perturber des secteurs établis. La réaction aux prévisions de dépenses en capital d’Amazon a amplifié les craintes des investisseurs quant à la possibilité que les dépenses croissantes nécessaires pour réaliser les ambitions des hyperscalers en matière d’IA se traduisent par des rendements décroissants pour les investisseurs.
Cette année s’annonce donc cruciale pour l’IA et les entreprises qui misent sur cette technologie potentiellement transformatrice. Les investissements massifs nécessaires soulèvent des questions sur la capacité des entreprises à financer ces projets et sur la rentabilité à long terme de ces investissements.
L’impact perturbateur de l’IA et la réaction des investisseurs face aux engagements financiers considérables nécessaires pour son développement placent le secteur à un moment critique. Les événements de la semaine dernière suggèrent que ce moment pourrait être plus proche qu’on ne le pense.
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