Publié le 16 février 2026 02:30:00. Une étude menée au Royaume-Uni révèle que le vaccin contre la variole, utilisé pour prévenir le mpox (anciennement variole du singe), génère des niveaux d’anticorps plus faibles contre un nouveau variant du virus, le clade Ib, qui a émergé en République démocratique du Congo et est associé à une plus grande gravité de la maladie.
- La vaccination avec le vaccin MVA-BN induit une réponse immunitaire plus forte contre le clade IIb, responsable de l’épidémie mondiale de 2022, que contre le clade Ib, plus récent et plus virulent.
- L’étude, menée auprès de professionnels de santé vaccinés, souligne la nécessité d’évaluer l’efficacité du vaccin contre ce nouveau variant, en particulier chez les populations à risque.
- La neutralisation du virus mpox nécessite la présence de complément, un ensemble de protéines du système immunitaire, ce qui complexifie l’évaluation de l’efficacité vaccinale.
Le mpox, une maladie virale zoonotique causée par le virus de la variole du singe (MPXV), se manifeste par des éruptions cutanées et peut entraîner des complications graves, en particulier chez les enfants. Le virus est divisé en deux principaux groupes, ou clades : le clade I et le clade II. Le clade II est lui-même subdivisé en deux sous-clades, IIa et IIb. En 2023, une nouvelle sous-clade du clade I, appelée clade Ib, a été identifiée en République démocratique du Congo (RDC). Cette émergence, classée comme une urgence de santé publique de portée internationale en août 2024, suscite des inquiétudes en raison de sa gravité accrue et de son taux de mortalité plus élevé.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande la vaccination des personnes à risque élevé, notamment en période d’épidémie, avec le vaccin MVA-BN (vaccin antivariolique modifié Ankara-Bavarian Nordic), un vaccin vivant atténué. Des études antérieures ont montré que ce vaccin peut générer des niveaux d’anticorps neutralisants contre les clades IIb et Ia, mais l’efficacité contre le clade Ib restait inconnue.
Pour combler cette lacune, des chercheurs de l’Université de Liverpool (Royaume-Uni), de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) et de l’Hôpital universitaire Royal Liverpool ont mené une étude auprès de 25 professionnels de santé vaccinés avec MVA-BN en raison de leur exposition professionnelle potentielle au mpox. Ils ont mesuré les niveaux d’anticorps neutralisants contre les clades Ib et IIb à l’aide d’un test de neutralisation par réduction de plaque (PRNT). Quatre participants ayant reçu un autre vaccin vivant atténué, IMOJEV (https://www.substipharm.com), ont servi de groupe témoin.
Les résultats ont révélé que le PRNT médian50 – une mesure de la capacité des anticorps à neutraliser le virus – était de 25,9 (intervalle interquartile de 10,05 à 49,7) pour le clade Ib et de 44,8 (intervalle interquartile de 19,55 à 89,4) pour le clade IIb. L’analyse statistique a confirmé que la vaccination avec deux doses de MVA-BN induisait une neutralisation significativement plus importante du clade IIb que du clade Ib (p = 0,0028). Les chercheurs ont également constaté que la neutralisation du MPXV nécessite la présence de complément, un ensemble de protéines du système immunitaire, ce qui souligne la complexité de l’évaluation de l’efficacité vaccinale.
« Nos résultats montrent de faibles niveaux de neutralisation du MPXV après la vaccination MVA-BN, ce qui est cohérent avec les études précédentes », expliquent les chercheurs. Bien que la taille relativement petite de l’échantillon constitue une limite, l’étude démontre la neutralisation du clade Ib chez les personnes vaccinées sans antécédents de mpox et permet une comparaison avec la neutralisation du clade IIb. Compte tenu du risque d’exposition élevé chez les professionnels de santé, ces données sont pertinentes pour orienter les politiques de vaccination.
Les faibles niveaux de neutralisation, en particulier contre le clade Ib, suggèrent que la vaccination par MVA-BN pourrait offrir une protection modérée contre la maladie provoquée par ce variant. La durée de cette protection et la nécessité d’une troisième dose pour renforcer l’immunité contre les infections au mpox clade Ib n’ont pas été évaluées dans cette étude et nécessitent des recherches supplémentaires.
Le Dr Victoria H. Sheridan est chercheuse postdoctorale au laboratoire de Julian Hiscox, Université de Liverpool. Ses recherches portent sur les interactions virus-hôte et l’utilisation de contre-mesures médicales.