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L’idéologie de Trump est partagée par une minorité de Néerlandais

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Publié le 16 février 2026 21:09:00. Une étude de l’Institut Clingendael révèle que, bien que majoritairement critiques envers Donald Trump, une minorité de Néerlandais se montre réceptive aux thèmes du mouvement MAGA et n’exclut pas une ingérence américaine dans les affaires européennes.

  • Plus de la moitié des Néerlandais interrogés s’inquiètent de la survie de la civilisation occidentale.
  • Un cinquième des répondants estime que les Pays-Bas ont besoin d’un « leader fort » agissant en dehors des institutions démocratiques.
  • 30 % des Néerlandais considèrent que les universités néerlandaises sont trop progressistes.

Si l’hostilité envers l’ancien président américain Donald Trump reste largement dominante aux Pays-Bas, une étude approfondie menée par l’Institut Clingendael met en lumière une adhésion, bien que minoritaire, à certains aspects de son idéologie et une ouverture surprenante à l’idée d’une influence extérieure. L’étude, basée sur un sondage représentatif auprès de 4 297 Néerlandais, cartographie les différentes tendances au sein du mouvement MAGA (Make America Great Again) et évalue le potentiel d’ingérence américaine en Europe.

Selon les résultats, deux tiers des personnes interrogées auraient voté pour la candidate démocrate Kamala Harris en 2024, tandis que seulement 16 % auraient choisi Donald Trump. Ce penchant pour les candidats démocrates est une tendance observée depuis longtemps aux Pays-Bas. Cependant, l’étude révèle que plus de soixante-dix pour cent des Néerlandais estiment que les États-Unis évoluent dans la mauvaise direction sous la présidence Trump, et seulement 11 % pensent que le pays va bien.

L’inquiétude concernant l’avenir de la civilisation occidentale est un thème particulièrement prégnant. 54 % des répondants estiment que cette civilisation est « menacée », une crainte particulièrement forte chez les électeurs des partis d’extrême droite tels que le PVV (95 %), le Forum pour la démocratie (90 %), JA21 (90 %) et le BBB (87 %). Les partisans du D66 (29 %) et de GroenLinks/PvdA (15 %) sont les moins susceptibles de partager cette appréhension.

L’étude souligne également une critique croissante du fonctionnement de la démocratie. Un cinquième des Néerlandais estime que le pays a besoin d’un « leader fort » capable d’agir en dehors du cadre parlementaire et judiciaire, et 16 % comprendraient même le recours à la violence par des « patriotes » pour « sauver la société ». Néanmoins, une large majorité (79 %) rejette toute ingérence américaine visant à remodeler l’Europe selon les principes de MAGA. 21 % se disent ouverts à un mouvement « Make Europe Great Again », et 18 % accueilleraient favorablement un soutien américain.

Un tiers juge les universités trop progressistes

Les critiques formulées par MAGA à l’égard du « progressisme » semblent trouver un écho auprès d’une partie de la population néerlandaise. Trente pour cent des personnes interrogées estiment que les universités néerlandaises sont trop progressistes, et 32 % pensent que le gouvernement devrait agir pour limiter cette tendance. En matière d’immigration, une politique restrictive bénéficie d’un large soutien : 63 % des répondants préconisent de limiter « l’immigration à grande échelle », estimant que cela améliorerait la situation des Néerlandais en matière de logement, de services sociaux et de soins de santé. Un peu plus de soixante pour cent se prononcent également en faveur des refoulements à la frontière des migrants en situation irrégulière.

L’étude de Clingendael identifie également les différentes composantes du mouvement MAGA et leur niveau d’attraction. Le techno-libertarisme, associé à des figures comme Elon Musk, séduit 15 à 25 % des personnes interrogées. Le nationalisme chrétien, en revanche, recueille peu d’adhésion, 73 % estimant qu’une plus grande influence de la religion nuirait à la qualité de la prise de décision politique. Cependant, 45 % estiment que le gouvernement devrait jouer un rôle plus important dans « l’éducation morale » des citoyens.

Les chercheurs observent peu de soutien pour les éléments du mouvement MAGA qui « frôlent au moins le néo-fascisme ». Bien que l’idée d’un « leader fort » soit populaire chez certains, 78 % ne pensent pas que ce leader devrait pouvoir imposer sa volonté aux plus faibles. Seuls 8 % considèrent que la « dictature » serait une meilleure forme de gouvernement que la démocratie.

« On perçoit un sentiment ici : il faut passer le balai, mais ensuite il faut revenir à la démocratie, un peu comme la déclaration de Trump selon laquelle il veut être un dictateur pour un jour. »

Christopher Houtkamp, chercheur à Clingendael

L’étude ne révèle que des différences limitées entre les générations et les sexes. Il est toutefois frappant de constater que les jeunes femmes âgées de 18 à 34 ans semblent être les moins sensibles à l’idéologie MAGA.

« Nous n’avons pas posé cette question, mais en général ce groupe est plus progressiste. On peut imaginer que les jeunes femmes, en particulier, pensent qu’elles ont beaucoup à perdre d’une révolution conservatrice. »

Christopher Houtkamp, chercheur à Clingendael

Les chercheurs de Clingendael soulignent que l’Europe traverse une « sorte de deuil géopolitique » et avertissent que la marge de manœuvre pour recalibrer les relations avec les États-Unis « se rétrécit rapidement ».

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