Publié le 16 mars 2024 à 10h30. Un député du BJP a déposé une motion au Lok Sabha visant à exclure Rahul Gandhi du Parlement, l’accusant d’avoir induit le pays en erreur avec le soutien de « forces anti-indiennes », après des déclarations controversées sur la politique étrangère du gouvernement.
New Delhi – Nishikant Dubey, député du Bharatiya Janata Party (BJP), a annoncé ce jeudi avoir déposé une motion de censure au Lok Sabha, la chambre basse du Parlement indien, contre Rahul Gandhi, chef de l’opposition. Cette initiative fait suite aux critiques virulentes formulées par M. Gandhi à l’encontre du gouvernement en matière de politique étrangère et de sécurité nationale.
Selon M. Dubey, Rahul Gandhi a délibérément induit l’opinion publique en erreur en s’appuyant sur des sources et des individus considérés comme hostiles à l’Inde. Il a notamment cité George Soros, un financier américain souvent critiqué par le BJP, et d’autres « forces anti-indiennes ». La motion vise à obtenir l’expulsion de M. Gandhi du Parlement et à lui interdire à vie de se présenter à des élections.
« J’ai déposé aujourd’hui une motion au Lok Sabha contre Rahul Gandhi concernant la manière dont il induit la nation en erreur avec l’aide de forces comme (George) Soros, qui veulent nuire à la nation. Dans la motion que j’ai présentée, j’ai demandé que l’adhésion de Rahul Gandhi soit résiliée et qu’il lui soit interdit à vie de se présenter aux élections. »
Nishikant Dubey, député du BJP
Interrogé sur cette motion, Rahul Gandhi a réagi avec une pointe d’ironie, demandant s’il recevait des « mots-clés » pour ses interventions parlementaires. Cette réponse suggère qu’il considère cette attaque comme orchestrée et dénuée de fondement.
La motion de censure intervient au lendemain d’un discours prononcé par M. Gandhi au Lok Sabha, dans lequel il accusait le gouvernement de compromettre les intérêts nationaux. Il avait alors souligné un changement géopolitique majeur, marqué par la fin de l’hégémonie d’une seule superpuissance et l’intensification des conflits internationaux, ainsi que par la militarisation croissante des secteurs de l’énergie et de la finance.
M. Gandhi avait notamment dénoncé la politique du gouvernement qui, selon lui, permet aux États-Unis d’exercer un contrôle excessif sur les systèmes énergétiques et financiers de l’Inde. Il avait illustré son propos en évoquant la dépendance énergétique du pays et la vulnérabilité face aux pressions extérieures.
« Vous admettez vous-même que nous sommes confrontés à une tempête mondiale, que l’ère d’une superpuissance est révolue, que les conflits géopolitiques s’intensifient et que l’énergie et la finance sont transformées en armes. Pourtant, tout en reconnaissant cette réalité, vous avez permis aux États-Unis d’armer les systèmes énergétiques et financiers d’une manière qui nous impacte. Lorsque l’Amérique dit que nous ne pouvons pas acheter de pétrole à un pays particulier, cela signifie en fait que notre sécurité énergétique est dictée de l’extérieur et que l’énergie elle-même est utilisée comme une arme contre nous. N’en avez-vous pas honte ? Je dis que vous avez compromis les intérêts de l’Inde. »
Rahul Gandhi, chef de l’opposition au Lok Sabha
Pendant ce temps, Priyanka Gandhi, députée et sœur de Rahul Gandhi, a critiqué le BJP pour cette initiative, affirmant que son frère ne serait pas affecté par ces attaques. Elle a également dénoncé les politiques du BJP, notamment en matière agricole, et a apporté son soutien aux syndicats agricoles en grève.
« Tout ce qu’ils feront – avis de privilège, FIR, affaire – laissez-les faire ce qu’ils veulent. Rahul Gandhi ne sera pas affecté par tout cela », a-t-elle déclaré. « Tout ce qu’ils font est complètement faux. Ils trahissent les agriculteurs. Le type d’accord commercial qu’ils ont signé entraînera des souffrances pour les agriculteurs. Nous soutenons les syndicats dans leur grève d’aujourd’hui. »