Publié le 26 février 2026 00:03:00. De nouvelles analyses de données issues de microscopie à effet tunnel (STM) remettent en question des observations antérieures concernant les propriétés des supraconducteurs à base de kagome, suggérant que certains effets observés pourraient être liés à des artefacts expérimentaux plutôt qu’à des phénomènes intrinsèques.
Une étude approfondie, basée sur des images obtenues par microscopie à effet tunnel (STM), suggère que des modifications précédemment attribuées à des interactions physiques fondamentales dans le supraconducteur RbV3Sb5 pourraient être dues à des facteurs techniques liés à l’instrumentation et aux conditions expérimentales.
Les chercheurs ont examiné six topographies STM issues d’une étude antérieure de Xing et al.7, en analysant leurs transformées de Fourier et en identifiant des motifs spécifiques. Ils ont constaté que des changements dans l’intensité des ondes de densité de charge (CDW) et dans la structure cristalline, initialement interprétés comme une réponse à des champs magnétiques ou électriques, pourraient être expliqués par deux types d’artefacts : une reconfiguration des atomes à la pointe du microscope STM, modifiant l’amplitude des modulations CDW, et des dérives instrumentales telles que le fluage piézoélectrique et la dérive thermique.
L’analyse a révélé que la pointe du microscope pouvait se modifier pendant l’observation, ce qui affectait l’image des impuretés et des pics CDW. Par exemple, le passage d’un état initial à un état soumis à un éclairage spécifique (Q3 vers Q1) modifiait la forme de la pointe, comme en témoigne la disparition d’un anneau dans la transformée de Fourier et une augmentation du nombre d’impuretés observées. Des différences qualitatives ont également été notées entre des scans réalisés avec la même direction d’éclairage (Q1), suggérant une instabilité dans le processus de mesure.
Les longueurs des pics de Bragg (Q1, Q2 et Q3) ont été mesurées en fonction de la direction de l’éclairage laser, et l’intensité des CDW a été analysée à l’aide de transformées de Fourier. Ces analyses ont mis en évidence des variations significatives, notamment dans l’intensité du CDW2 et dans les intensités atomiques des pics de Bragg. Ces variations, selon les chercheurs, pourraient être attribuées aux artefacts mentionnés plutôt qu’à une modification intrinsèque du matériau.
Ces résultats, publiés dans une contribution à Nature2, soulignent l’importance de prendre en compte les limitations de la technique STM lors de l’étude des propriétés des matériaux, en particulier dans le contexte des supraconducteurs de kagome, qui présentent des phénomènes complexes et subtils. Une étude antérieure de Yuqing Xing et al.3 avait déjà exploré la manipulation optique de l’état d’onde de densité de charge dans RbV3Sb5, soulignant la complexité de ce matériau.