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L’incohérence de l’action climatique de l’Indonésie soulève des problèmes de crédibilité

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Publié le 2025-10-07 09:19:00. L’Indonésie est sous pression internationale pour accélérer ses engagements climatiques, accusant un retard notable dans la mise en œuvre de ses stratégies d’atténuation malgré les appels à l’action depuis l’Accord de Paris. Le non-respect des délais de soumission de documents cruciaux pour la transition énergétique soulève des questions quant à sa crédibilité et à sa trajectoire vers le développement durable.

  • Retard dans la soumission de la deuxième Contribution Déterminée au Niveau National (CDN).
  • Inquiétudes sur la cohérence des politiques énergétiques et l’expansion des combustibles fossiles.
  • Urgence de publier les nouvelles cibles climatiques avant la COP30.

Dix ans après l’Accord de Paris, l’Indonésie peine à traduire ses ambitions climatiques en actions concrètes, selon un rapport de Deep Decarbonisation Pathways (DDP). Le pays est pointé du doigt pour son manque de progrès dans la réduction des émissions et pour sa lenteur à soumettre sa deuxième Contribution Déterminée au Niveau National (CDN) aux Nations Unies. Initialement attendue pour le 30 septembre 2025, cette échéance a été repoussée, mais le gouvernement indonésien n’a toujours pas présenté ce document essentiel, fragilisant sa crédibilité sur la scène internationale.

Agung Budiono, directeur exécutif de la CERAH Foundation, organisation promouvant la transition énergétique, déplore ce retard. Il estime que celui-ci révèle un manque de clarté stratégique dans la planification de l’atténuation climatique de l’Indonésie. « Ce retard montre que le gouvernement indonésien a perdu son chemin dans la planification de l’atténuation du climat », a-t-il déclaré le mardi 7 octobre 2025. Il cite en exemple la récente signature du règlement gouvernemental 40/2025 sur la politique énergétique nationale (Ken), qui continue de favoriser l’expansion des combustibles fossiles jusqu’en 2060.

Dans la même veine, Nadia Hadad, directrice exécutive de la Fondation Madani BerkelanJutan, exhorte le gouvernement à publier d’urgence les objectifs climatiques mis à jour via la deuxième CDN. Elle souligne l’importance de ce document, non seulement pour les engagements mondiaux, mais aussi pour renforcer la trajectoire de l’Indonésie vers un développement durable et respectueux du climat. L’urgence est d’autant plus grande que la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP30) se tiendra à Belém, au Brésil.

Le rapport DDP met en lumière les défis persistants de l’Indonésie pour surmonter les obstacles socio-économiques liés à la transition énergétique. Malgré des stratégies lancées, telles que la stratégie à long terme pour la résilience à faible teneur en carbone et au climat (LTS-LCCR 2050) et le programme Folu Net Sink 2030, la forte dépendance du pays au charbon, des infrastructures insuffisantes et une application réglementaire inégale continuent de miner la confiance dans ses engagements. La transition énergétique expose le pays à des risques importants, allant de la dépendance continue aux énergies fossiles au manque de financement climatique, sans oublier les répercussions sociales comme les pertes d’emplois potentielles dans les secteurs concernés.

Cependant, le rapport révèle aussi un potentiel de création d’emplois verts, estimé à 1,8 million d’ici 2030, notamment dans les énergies renouvelables et les transports propres. Pour concrétiser ce potentiel, Agung Budiono insiste sur la nécessité de réviser les documents de planification électrique. « Nous exhortons le gouvernement à mettre à jour des documents de planification tels que le National Electricity Business Plan (RUKN) afin que des documents ultérieurs tels que le Plan général national de l’énergie (RUEN), les plans régionaux énergétiques (RUED) et le plan d’affaires de l’approvisionnement en électricité (RUPTL) puissent mieux s’adapter à la croissance des énergies renouvelables et à réduire l’utilisation des combustibles fossiles, réduisant ainsi l’agrément des émissions », a-t-il précisé.

Le rapport DDP recommande des actions ciblées entre 2025 et 2030, notamment dans le secteur de l’énergie. Il préconise une mise à jour du RUPTL pour l’aligner sur les objectifs d’énergies renouvelables, un renforcement des réglementations sur les centrales électriques autonomes, et l’élargissement du marché intérieur du carbone avec une intégration aux mécanismes internationaux. L’adoption accélérée de technologies bas carbone, la mobilisation de financements climatiques via des dispositifs innovants et une meilleure cohérence des politiques intersectorielles sont également soulignées.

Par ailleurs, Nadia Hadad exprime des réserves quant aux politiques énergétiques actuelles qui pourraient encourager la déforestation. Elle cite notamment la co-combustion de biomasse avec du charbon dans les centrales électriques, une pratique qui risque de contrecarrer la stratégie Folu Net Sink 2030 visant à ce que les forêts et les terres indonésiennes absorbent plus d’émissions qu’elles n’en émettent. « L’objectif Folu Net Sink 2030 pour réduire les émissions ne sera pas atteint si les besoins énergétiques sont satisfaits en ouvrant les forêts. L’objectif de biomasse de co-combustion pourrait stimuler la demande de déforestation pour produire des matières premières comme le bois, les déchets agricoles ou les cultures énergétiques dédiées », a-t-elle alerté.

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