Publié le 2025-10-22 07:12:00. Les États-Unis s’apprêtent à réduire drastiquement les droits de douane sur les exportations indiennes, dans le cadre d’un accord commercial potentiellement proche d’être conclu. Washington aurait obtenu de New Delhi l’assurance de diminuer ses importations de pétrole russe.
- Une baisse significative des droits de douane américains est envisagée, passant de 50% à 15-16%.
- L’Inde pourrait augmenter ses importations de maïs américain, tout en cherchant un mécanisme de révision des tarifs.
- Le président Trump affirme que l’Inde réduira ses achats de pétrole russe, une déclaration nuancée par le ministère indien des Affaires étrangères.
Selon le média indien Mint, qui cite des sources anonymes, un accord commercial majeur entre les États-Unis et l’Inde serait sur le point d’être finalisé. Cet accord prévoit une réduction substantielle des tarifs douaniers américains sur les produits indiens, passant de 50% à une fourchette de 15 à 16%. En contrepartie, New Delhi envisagerait d’accroître ses importations de maïs non génétiquement modifié en provenance des États-Unis, portant son quota actuel de 0,5 million de tonnes par an, malgré un droit d’importation de 15%. L’Inde chercherait également à mettre en place un mécanisme permettant aux deux nations de réévaluer les droits de douane et l’accès au marché au fil du temps.
Ces développements interviennent alors que le président américain Donald Trump a déclaré, suite à un appel téléphonique avec le Premier ministre indien Narendra Modi, avoir reçu l’assurance que New Delhi réduirait ses achats de pétrole russe. « Il n’achètera pas beaucoup de pétrole à la Russie. Il veut voir cette guerre se terminer autant que moi », a affirmé M. Trump. Il avait précédemment menacé l’Inde de maintenir des droits de douane « massifs » si elle continuait ses importations russes.
Narendra Modi a confirmé l’échange téléphonique sur la plateforme X, exprimant son espoir de voir les deux pays « rester unis contre le terrorisme sous toutes ses formes », sans toutefois mentionner explicitement la question du pétrole russe. La semaine dernière, M. Trump avait déjà affirmé que M. Modi avait accepté de réduire les importations de pétrole russe, une information qui n’avait pas été confirmée par le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, qui se disait « pas au courant » d’un tel appel. Interrogé sur la réduction des importations de pétrole russe, le porte-parole avait réitéré que l’Inde, en tant qu’important importateur, privilégiait la défense des intérêts de ses consommateurs dans un contexte énergétique instable.
Sur le plan géopolitique, les relations entre Washington et New Delhi ont connu des tensions. La rencontre de Narendra Modi avec le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping à Pékin le mois dernier avait été interprétée comme un signal de la volonté de l’Inde de renforcer ses liens avec Moscou. Depuis le début du conflit en Ukraine en 2022, l’Inde est devenue le deuxième plus grand acheteur de brut russe au monde, derrière la Chine, avec des importations s’élevant à 1,6 million de barils par jour au premier semestre 2025, contre seulement 50 000 b/j en 2020, selon l’Energy Information Administration américaine.
Malgré ces divergences, Donald Trump a récemment adopté un ton plus conciliant, exprimant son optimisme quant aux négociations commerciales en cours et qualifiant Narendra Modi de « grand ami ». La finalisation de l’accord commercial devrait être communiquée aux deux dirigeants lors du sommet de l’ASEAN plus tard dans le mois, bien que leur participation officielle n’ait pas encore été confirmée. Des domaines sensibles tels que l’agriculture et l’énergie nécessiteraient encore une « autorisation politique » pour une annonce formelle de l’accord, selon Mint.
Le commerce bilatéral entre l’Inde et les États-Unis a atteint un sommet historique de 132,2 milliards de dollars au cours de l’exercice clos en mars 2025, soit une augmentation de plus de 10% par rapport à l’année précédente. Les exportations indiennes vers les États-Unis ont grimpé de 11,6% pour atteindre 86,51 milliards de dollars, tandis que les importations en provenance des États-Unis ont augmenté de 8% pour s’établir à 45,69 milliards de dollars.