Home Économie L’indice de corruption de la Thaïlande chute, se classant inférieur à celui du Laos et du Vietnam

L’indice de corruption de la Thaïlande chute, se classant inférieur à celui du Laos et du Vietnam

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La Thaïlande sombre dans une spirale de corruption, atteignant son niveau le plus bas depuis 19 ans selon l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International. Cette dégradation, qui menace la compétitivité économique du pays, pousse le secteur privé à exiger des mesures urgentes et structurelles.

Avec un score de 33 sur 100 en 2025, la Thaïlande se situe désormais derrière le Laos et le Vietnam en matière de perception de la corruption. Les conséquences économiques sont alarmantes : on estime que la corruption coûte au secteur privé jusqu’à 500 milliards de bahts par an (environ 13,7 millions d’euros), freinant la croissance et dissuadant les investisseurs.

Les entreprises thaïlandaises estiment qu’une lutte efficace contre la corruption pourrait stimuler le produit intérieur brut (PIB) jusqu’à 4 %. Cependant, les gouvernements successifs ont manqué à leurs responsabilités en matière de mesures anti-corruption, ce qui a conduit à une situation systémique où la corruption est profondément ancrée.

Cette tendance s’inscrit dans un contexte régional préoccupant. Si des pays comme les Maldives, le Vietnam et le Timor-Leste ont réalisé des progrès grâce à des réformes de gouvernance, ils restent en dessous de la moyenne de l’IPC. À l’inverse, des États fragilisés comme l’Afghanistan et la Corée du Nord continuent de figurer en bas de l’indice, en raison d’une mauvaise gouvernance et de restrictions des libertés civiles.

Les partis politiques thaïlandais ont commencé à intégrer des propositions anti-corruption dans leurs programmes électoraux, mettant l’accent sur la transparence et l’utilisation des nouvelles technologies. Parmi les initiatives proposées figurent des révisions réglementaires, la création de plateformes de données publiques accessibles et le renforcement de la protection des lanceurs d’alerte.

« La corruption n’est pas une fatalité », souligne François Valérian, président de Transparency International. « Nos recherches et notre expérience montrent qu’il existe un modèle clair pour rendre le pouvoir responsable du bien commun, en passant par des processus démocratiques, un contrôle indépendant et une société civile libre et ouverte. »

Les propositions des partis Pheu Thaï et Démocrate incluent des refontes juridiques globales et des mécanismes de responsabilisation publique. Toutefois, une volonté politique forte et une gouvernance stable sont indispensables pour mettre en œuvre ces réformes et s’attaquer aux causes profondes de la corruption, afin de rétablir un environnement économique sain.

Au niveau mondial, l’IPC 2025 révèle une augmentation inquiétante de la corruption dans le secteur public, attribuée à un manque de leadership responsable et à un mépris croissant des normes internationales. Le score moyen mondial est tombé à 42 sur 100, son plus bas niveau depuis plus d’une décennie. Plus des deux tiers des pays obtiennent un score inférieur à 50, ce qui témoigne d’une corruption généralisée. Le Danemark (89/100) et la Finlande (88/100) restent en tête de l’indice, mais même les démocraties les mieux classées montrent des signes de régression.

L’IPC 2025 met également en évidence une corrélation entre la restriction de l’espace civique et l’aggravation de la corruption. Plus de 90 % des journalistes assassinés pour avoir enquêté sur la corruption depuis 2012 l’étaient dans des pays dont l’IPC était inférieur à 50, soulignant les risques encourus par ceux qui osent dénoncer les abus de pouvoir.

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