Home Économie L’indice MOVE de la jauge de volatilité de la Fed est proche de son plus bas niveau depuis 4 ans alors que l’incertitude politique augmente

L’indice MOVE de la jauge de volatilité de la Fed est proche de son plus bas niveau depuis 4 ans alors que l’incertitude politique augmente

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La Réserve fédérale américaine a une fois de plus opté pour la prudence, annonçant une nouvelle réduction de ses taux d’intérêt et la fin imminente de sa politique de resserrement quantitatif. Cependant, la prudence des banquiers centraux masque des divergences internes et une incertitude accrue pour les marchés financiers.

Au terme de sa réunion d’octobre, le Comité fédéral de l’open market (FOMC) de la Réserve fédérale américaine (Fed) a entériné la décision largement anticipée d’abaisser son taux directeur de 0,25 %. Dans un communiqué qui rappelle les constats du mois précédent, l’institution a souligné une progression de l’activité économique qualifiée de modérée, tout en reconnaissant une persistance de la faiblesse, notamment sur le marché du travail, malgré des risques baissiers croissants.

L’actualité gouvernementale outre-Atlantique, marquée par une fermeture partielle des administrations, a limité la disponibilité des données économiques, rendant le communiqué de presse exempt de grandes surprises. Seuls les chiffres du secteur privé ont pu être analysés.

Toutefois, des dissensions sont apparues au sein du comité. Le gouverneur Stephen Miran a réitéré sa position en faveur d’une baisse plus conséquente de 0,50 %, tandis que Jeffrey Schmid, nouveau dissident depuis la réunion de septembre, a cette fois-ci préféré s’abstenir de toute modification, contrastant avec son vote pour une réduction de 0,25 % le mois dernier.

Fin du resserrement quantitatif et divergences sur l’avenir

Parallèlement à la baisse des taux, les décideurs de la Fed ont acté la fin du resserrement quantitatif (QT) à compter du 1er décembre. Cette politique, visant à assainir les conditions financières en réduisant le rythme des réinvestissements issus des obligations arrivant à maturité détenues par la Fed, et par conséquent la masse monétaire en circulation, n’a pas pris les observateurs par surprise. Lawrence Gillum, stratège en chef des titres à revenu fixe, avait d’ailleurs anticipé cette mesure la semaine passée.

Depuis le lancement du QT il y a trois ans, la Fed a réussi à réduire son bilan de plus de 2 000 milliards de dollars, principalement grâce à la diminution de son programme de prises en pension au jour le jour, qui s’élève désormais à environ 19 milliards de dollars. Si la fin du QT était inscrite dans les plans, des signes de tensions croissantes sur les liquidités observés ces dernières semaines ont probablement accéléré cette annonce.

Au-delà de ces décisions, la conférence de presse du président de la Fed, Jerome Powell, a réservé quelques éléments d’importance :

  • Une baisse des taux en décembre n’est pas acquise. Jerome Powell a tenu à dissiper tout doute, affirmant que « une nouvelle réduction du taux directeur lors de la réunion de décembre n’est pas une fatalité, loin de là ». Il a également fait état de « points de vue très divergents sur la manière de procéder en décembre », soulignant l’absence de consensus clair.
  • Une économie jugée « solide et stable ». Selon la Fed, l’économie américaine a maintenu sa trajectoire depuis septembre. La croissance, en expansion modérée, devrait atteindre 1,6 % cette année, un chiffre qui aurait été supérieur de quelques dixièmes de points sans la fermeture administrative.
  • La faiblesse du marché du travail ne s’accélère pas. Powell a expliqué que la diminution de l’offre de travailleurs s’expliquait en partie par l’immigration. La participation à la population active a ralenti, suggérant une moindre demande d’emplois, conséquence de moins de personnes activement à la recherche d’un travail. Le ralentissement de l’offre sur ce marché se heurte à une baisse de la demande d’embauche, ce qui se traduit par le phénomène de « pas d’embauche, pas de licenciement » qui caractérise actuellement le marché du travail.
  • L’inflation reste sous surveillance, avec des risques à la hausse. Powell a établi une distinction entre la désinflation observée dans le secteur des services, notamment le logement, et une récente augmentation de l’inflation des biens. Cette dernière est attribuée par la Fed aux tarifs douaniers plutôt qu’à des « pressions inflationnistes plus larges ». Une fois l’impact des droits de douane neutralisé, l’inflation se rapprocherait de l’objectif de 2 % fixé par la Fed.

Réaction des marchés et incertitudes futures

Sur les marchés financiers, l’issue de la réunion a été perçue comme moins accommodante que prévu. Les rendements des bons du Trésor ont grimpé, tandis que les bourses ont connu des fluctuations. Le marché à terme des fonds fédéraux a également révisé à la baisse ses attentes de baisse des taux pour décembre, passant de 100 % hier à 69 % pour une réduction de 0,25 %.

Le point le plus marquant de cette réunion aura sans doute été la déclaration de Jerome Powell, rendant la perspective d’une nouvelle baisse des taux en décembre incertaine. Cette communication a pris le marché par surprise, réduisant la visibilité sur les futures décisions de la Fed et mettant en lumière des divisions internes croissantes au sein du comité de politique monétaire. En finance, un manque de visibilité se traduit souvent par une volatilité accrue, particulièrement sur le marché obligataire.

À titre d’illustration, l’indice MOVE, qui mesure la volatilité implicite des marchés obligataires, évolue à son plus bas niveau depuis près de quatre ans, s’établissant à 66. Ce chiffre est inférieur de deux écarts-types à sa moyenne de long terme et représente une baisse de 28 % par rapport à sa moyenne mobile sur 200 jours. Historiquement, la volatilité tend à revenir vers sa moyenne, et une légère remontée de la volatilité implicite sur les marchés du Trésor ne serait donc pas surprenante.

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